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Vendeur indépendant: quel statut choisir ?

Publié le lundi 14 novembre 2016 à 06h09
Par Céline Chaudeau, Accroche-press' pour France Défi
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Travailler comme vendeur indépendant permet d’être à son compte, sans ouvrir de boutique. Mais s’il n’est pas si compliqué de se lancer, il faut souvent envisager plusieurs statuts dès lors que l’activité perdure. Petit tour d’horizon des possibilités.

Vendeur indépendant : le statut VDI

Yann Bédard, responsable juridique à la Fédération de la vente à domicile (FVD), décrit volontiers le statut de VDI comme « la première marche » vers l’indépendance. « Le statut de VDI (vendeur à domicile indépendant) a été créé en 1993. Il permet justement de se lancer très facilement. Il suffit de s’affilier à une marque de produits que l’on veut représenter et de s’inscrire sur le site du CFE Urssaf pour avoir un numéro de Siret, être en règle au regard de l’administration fiscale, mais aussi bénéficier de vrais avantages pour se lancer. » À ce jour, 600 000 Français travaillent de près ou de loin dans la vente directe avec des profils très variés. « En adoptant ce statut, on peut bénéficier d’une exonération de TVA sur sa rémunération et d’un barème de charges sociales très allégé, comme une exonération sur la cotisation foncière des entreprises pour ses premiers revenus. » Mais ce statut n’a qu’un temps, si l’activité prospère.

Agent commercial

« Dès lors que sa rémunération se développe, le vendeur indépendant aura non seulement intérêt mais aussi l’obligation de changer de statut », complète Olivier Guilbaud, co-dirigeant de la marque de cosmétiques et de produits d’entretien écologiques Body Nature. En effet, si 30 % des affiliés de la FVD ne retirent qu’un complément de revenu entre 100 et 500 euros par mois, 40 % affichent vite des revenus parfois largement supérieurs au Smic. « Le VDI qui a obtenu des gains supérieurs à 50% du plafond annuel de la Sécurité sociale – soit 17 308 € en 2016 – pendant trois années consécutives doit passer salarié ou s’enregistrer comme agent commercial. »

Autoentrepreneur

« En fait, tout dépend de ce que l’on vend et du stade de son activité », nuance Grégoire Leclercq, président de la Fédération des auto-entrepreneurs. Avec 690 000 affiliés à ce régime dans les secteurs du commerce et de l’artisanat en 2015, l’auto-entrepreneuriat reste une option largement choisie par les vendeurs indépendants. « Ce statut, peu compliqué, reste très intéressant pour se lancer, notamment si on a encore une activité salariée à côté, poursuit-il. L’autoentrepreneur peut ainsi bénéficier de la franchise TVA, de la souplesse du régime forfaitaire et des autres particularités du micro-fiscal à condition que son chiffre d’affaires ne dépasse pas 82 200 euros pour les activités de vente de marchandises. Mais suivant la nature de ses frais (non déductibles dans ce cas) et les perspectives de son activité, il faudra peut-être envisager un autre statut. »

SASU ou EURL

Yann Bédard confirme. « Quand leur activité prospère, beaucoup préfèrent monter leur propre société. D’ailleurs, beaucoup d’enseignes accompagnent leurs vendeurs indépendants dans ce sens dès lors qu’ils gagnent plus de 3000 € par mois. À travail égal, avec l’aide d’un expert-comptable, ils pourront optimiser la rémunération. » Suivant le statut choisi – EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ou SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle), ils pourront notamment prendre davantage leurs frais en compte. « Ces statuts permettent aussi, à terme, de s’associer ou de créer des emplois… »

Le portage salarial

Reste enfin l’option encore méconnue du portage salarial, pourtant inscrit dans le Code du travail depuis 2008. « Grâce à la récente réforme du portage salarial énoncée par la loi Macron en juillet 2015, nos vendeurs peuvent enfin bénéficier d’un statut de mandataire indépendant et bénéficier des avantages du salariat », explique Marc Gallon, fondateur du réseau immobilier Noovimo. Concrètement, ils peuvent donc avoir des fiches de paie, via une société spécialisée, sans pour autant nouer de liens de subordination avec le réseau qu’ils choisissent.

Sécurité sociale ou RSI 

Grâce à la variété des statuts, le vendeur indépendant n’est pas forcément obligé de quitter le régime général de la Sécurité sociale pour s’affilier au Régime social des indépendants (RSI), souvent jugé plus complexe et moins avantageux. Le VDI reste en effet affilié à la Sécurité sociale tant que sa rémunération ne dépasse pas 19 000 € par an. Si à terme, il crée une entreprise, il pourra faire son choix : dans le cas de l’EURL, le gérant associé unique est un travailleur non salarié (TNS) affilié au RSI, alors que dans le cas de la SASU, le président associé unique est un dirigeant assimilé-salarié affilié au régime général. Enfin, entre les deux, le portage salarial permet aussi de garder le statut de salarié et ses avantages… tout en étant indépendant.