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Charges sociales : que paie l’employeur?

Charges sociales : que paie l’employeur?

Envie de recruter ? Attention, le salaire net d’un employé ne correspond pas à ce que l’employeur sort de sa poche !

(actualisé le 2 janvier 2018)  Pour financer la protection sociale de ses salariés, le chef d’entreprise est notamment tenu de verser, en plus du salaire, des charges sociales, qui couvrent l’assurance maladie, la maternité, l’invalidité, les décès et l’assurance vieillesse de base, et des contributions d’assurance chômage qui financent les prestations chômage. Le salarié aussi paie des cotisations. C’est d’ailleurs l’employeur qui les collecte et les transmet, en même temps que les siennes, aux différents organismes : URSSAF, AGIRC, ARRCO, etc. La loi de finances 2018 a néanmoins modifié les charges salariales, celle de 2019 devrait modifier les charges patronales.

Des taux variables  de charges sociales selon les salaires

Les cotisations sociales patronales, tout comme celles des salariés, sont calculées sur les salaires bruts. Dans le détail, les taux sont fixes, et propres à chaque cotisation. Ainsi, par exemple, en 2016 la « contribution solidarité autonomie » patronale, versée à l’URSSAF, s’élève à 0,30 % du salaire brut.

Mais « sur les bas salaires, les taux de cotisation sont plus faibles qu’en salaires élevés : ils représentent globalement de 25 % à 30 % du brut », précise Christian Rotureau, expert-comptable et commissaire aux comptes au sein du cabinet AEC à Sarlat, membre du groupement France Défi. Et plus on s’élève dans la grille salariale en effet, plus le taux global monte… « En niveau intermédiaire il sera plutôt de 40 à 45 % », détaille Christian Rotureau. « Pour un cadre, ce même taux variera entre 45 % et 50 % », poursuit l’expert-comptable.

Christian Rotureau cite trois cas :

–  celui d’un technicien télécom et réseaux d’une société de maintenance, qui débute avec un salaire de 1750 euros bruts. « Sur cette somme, le patron paie 526 euros de charges, soit 30 % de charges sociales patronales », évalue Christian Rotureau.

– Autre cas : un responsable de site commercial, cadre, payé 2500 euros brut par mois. « Sur cette somme, son patron paie 41% de charges soit la somme de 1025 euros de charges patronales », estime l’expert-comptable.

– Enfin dans le cas d’un PDG de PME avec un salaire de 6000 euros bruts, « le montant des charges sociales patronales atteint les 47 % du brut, soit 2820 euros », conclut Christian Rotureau.

Un emploi pas si coûteux ?

Pourtant, tout n’est pas si noir du côté des charges patronales. « Au départ, les chefs d’entreprise qui veulent embaucher sont inquiets et pensent que tout est cher », constate Christian Rotureau. Mais « dire que le taux de charges est élevé, ce n’est pas tout à fait vrai », pondère-t-il. Plusieurs dispositifs ont en effet été mis en place ces dernières années permettant de compenser ou de diminuer le coût des charges patronales. Néanmoins pour l’heure, seul le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) perdure. Cet avantage fiscal au taux de 6 % depuis 2014 (passé entretemps à 7% pour revenir finalement à 6%), est réservé aux entreprises employant des salariés. Il est calculé sur l’ensemble des rémunérations brutes sur une année civile.  « Cela signifie qu’il faut déduire 6% de la masse salariale pour les salaires plafonnés à 2,5 Smic. Sachant que ce crédit d’impôt n’est pas imposable, cela représente une déduction de 8 %. Par conséquent, les taux de cotisation des bas salaires, à 25-30 % tombent à 17-22 % », résume Christian Rotureau. Le dispositif devrait néanmoins évoluer et disparaître fin 2018 au profit d’une réduction des charges patronales.

En revanche, la loi de finances 2018 supprimer le dispositif appelé « Embauche PME ». Entré en vigueur le 18 janvier 2016, il ne continue de s’appliquer que pour les contrats signés avant le 30 juin 2017, et ce jusqu’au 30 juin 2019. La prime, de 4000 euros sur deux ans, est versée aux PME de moins de 250 salariés, qui embauchent un salarié dont la rémunération va jusqu’à 1,3 fois le SMIC.

Le sujet des charges salariales comme patronales est amené à évoluer au fil des réformes et demande une attention particulière durant les prochains mois.

Pour évaluer le coût Le gouvernement a mis en place un simulateur qui intègre les principales variables. Faites le calcul.