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La coopérative : un modèle efficace ?

chaque membres de la coopérative apporte sa pièce au puzzle

Le modèle de société coopérative a assurément le vent en poupe. Cette forme de société permet à des groupements de personnes de se rassembler pour mutualiser leurs moyens. Et ça peut marcher. Explications.

Pourquoi de plus en plus de porteurs de projets optent-ils aujourd’hui pour le modèle de la société coopérative ? En 2015, 319 sociétés coopératives et participatives ont ainsi vu le jour, portant à 2 855 le nombre de structures de ce type en France, en croissance de 6 % en un an. Cette forme d’organisation présente, il est vrai, plusieurs intérêts.

La coopérative : un projet avant tout collectif

Comme les 23 000 entreprises coopératives recensées dans l’Hexagone et dont le type varie selon la nature de leurs sociétaires, agriculteurs ou artisans par exemple, ces sociétés naissent d’abord de projets collectifs. « Toutes sont à la base des groupements de personnes qui se rassemblent pour satisfaire leurs besoins économiques et sociaux avec un principe de gouvernance démocratique », précise Caroline Naette, secrétaire générale de Coop FR.

Dans le cas d’une société coopérative de production (Scop), ce sont les salariés qui sont sociétaires. Ils doivent détenir plus de 51 % du capital et 65 % des droits de vote. « Dans une telle structure, ce ne sont pas des actionnaires  extérieurs qui décident en fonction d’impératifs de rentabilité de court terme, mais les salariés », insiste Caroline Naette.

Des valeurs qui à elles seules suffisent à convaincre certains entrepreneurs. Mais le modèle de la coopérative s’avère aussi efficace sur le plan économique.  « Sur cinq ans, les Scop ont un taux de survie de 65 % contre 55 % pour les entreprises classiques », souligne Patricia Lexcellent, déléguée générale de la confédération générale des Scop.  Certaines d’entre elles sont d’ailleurs devenues des leaders dans leur secteur, à l’instar du groupe Up, ex- Chèque Déjeuner.

Cette performance s’explique par le mode de fonctionnement de ces entreprises. L’implication et la motivation des salariés, également sociétaires, peuvent ainsi être plus importantes que dans une entreprise classique. D’autant qu’une partie du résultat leur est distribué.

« Il y a aussi dans une coopérative plus de remontées pratiques du terrain », souligne Caroline Naett. La prise des grandes décisions en assemblée générale sur le principe « un homme égale une voix » permet ainsi à tous les salariés de participer à la définition de la stratégie de l’entreprise.

« La pérennité des Scop s’explique également par le fait qu’une partie du résultat, en moyenne autour de 44 %, doit être réinvesti dans l’entreprise, sous forme de réserves, qui viennent consolider ses fonds propres », complète Patricia Lexcellent.

Assurer la pérennité de son entreprise

Pour un dirigeant d’entreprise, la Scop peut aussi être un moyen d’assurer la pérennité de sa structure après son départ, en donnant la maîtrise à ceux qui y travaillent. Une solution qui évite par exemple une délocalisation ou l’arrêt de certaines activités par un repreneur dont le maintien du projet de départ n’est pas toujours la priorité. Ainsi, en 2012, 115 salariés de la société normande de bureaux d’études Hisa Inginérie ont repris l’entreprise sous forme de Scop, selon la volonté de son fondateur.

Dans certains cas, ce sont les salariés eux-mêmes qui souhaitent former une Scop pour éviter une fermeture, à l’instar de ceux de l’ancienne usine de glaces Pilpa à Carcassonne, fermée un an après son rachat bien que le site soit rentable. Depuis 2014, ils ont repris la production avec succès. « Mais quand une entreprise est en difficulté, une SCOP ne fera pas forcément mieux », avertit Patricia Lexcellent.

La qualité du business plan

Qu’il s’agisse de créer une coopérative ex nihilo ou de transformer une entreprise existante, le succès repose en effet d’abord sur la qualité du business plan du projet.  Et pour que le modèle coopératif fonctionne, il faut que les fondateurs s’accordent sur leurs attentes et acceptent de partager la gouvernance. Enfin au quotidien, cela suppose de faire vivre la coopérative, ce qui implique notamment de réels efforts de formation des salariés, pour qu’ils soient en mesure d’en comprendre le fonctionnement, les enjeux de gestion et d’assurer les rôles d’administrateur ou de dirigeant.

Mais même si l’entreprise n’est pas elle-même une coopérative, elle peut tout de même profiter de certains avantages du modèle en devenant sociétaire d’une coopérative. Une stratégie souvent utilisée par les artisans pour mettre en commun leurs achats ou accroître leur capacité d’action. Ainsi, en Haute-Gironde, des professionnels du bâtiment, maçon, plombier, chauffagiste et menuisier notamment, ont créé ensemble la Coopérative du Bâtiment de l’Estuaire, afin de pouvoir répondre à des marchés publics et fournir une offre globale aux particuliers.