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Expert-comptable depuis trois générations

Gilles Cordier, expert-comptable à la tête du cabinet Sodecc

Installé à Audincourt dans le Doubs, Gilles Cordier a repris le cabinet d’expertise-comptable de son père… qui appartenait à son grand-père. Une affaire de famille ! Au travers de ces trois générations, le quinquagénaire a vu la profession évoluer.

C’était une évidence. Quand il était petit, il en était sûr, il serait expert-comptable. Aujourd’hui à la tête du Cabinet Sodecc, avec trois autres associés, à Audincourt (Doubs), Gilles Cordier n’a pas dérogé à la règle de la famille… qui veut que l’on devienne expert-comptable de père en fils ! Entre ses mains, il tient encore le brevet professionnel et le certificat de teneur de livres qu’avait obtenus son grand-père en 1940. « C’est l’ordonnance de 1945 qui va ensuite organiser toute la profession d’expert-comptable, avec la définition du métier et les formations à suivre pour le devenir », souligne Gilles Cordier. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que son aïeul décide de commencer son activité seul dans la maison familiale située à Montbéliard. Le père de Gilles reprendra ensuite le cabinet. « Je suis tombé dans la compta dès mon plus jeune âge. A la retraite aujourd’hui, une de mes collaboratrices, qui avait été embauchée par mon grand-père, me racontait souvent qu’elle changeait mes couches lorsque j’étais bébé», s’amuse-t-il à raconter.

Entrepreneur d’abord

Le cabinet, qui compte aujourd’hui 70 collaborateurs, a connu au fil des décennies d’importantes évolutions. Pour Gilles Cordier, « le plus gros du changement est venu de l’acquisition d’un système informatique en 1976 quand mon père a repris le cabinet. Nous étions parmi les premiers en France à franchir ce cap ». L’informatique est un domaine que ce professionnel connaît bien. Après un baccalauréat et un BTS comptabilité, il a commencé par créer sa propre entreprise dans ce secteur. La comptabilité, ce sera finalement pour plus tard. « J’ai trouvé à ce moment-là l’informatique plus passionnant. » Située à côté du cabinet, sa société développe des logiciels de gestion interne pour les cabinets d’expert-comptable et propose des formations Word et Excel. En 1995, le groupement d’experts-comptables France Défi lui propose d’ailleurs d’intégrer son comité de pilotage Formation, dont il prendra la direction quatre ans plus tard.

La reprise de l’affaire familiale

De cette activité d’entrepreneur, Gilles Cordier va tirer profit pour conseiller ses clients lorsqu’il reprend le cabinet en 1997 lors du départ en retraite de son père, après un stage de trois ans validant son diplôme d’expert-comptable. « Cette expérience avec le recul a été très bénéfique pour exercer mon métier d’expert-comptable. J’ai en effet vécu de l’intérieur le parcours du jeune créateur d’entreprise avec ses embûches, comme par exemple, le dépôt de bilan d’un très gros client. » Fiscalité, patrimoine, retraite, investissement… L’accompagnement est devenu le cœur de métier de l’expert-comptable. « La profession conseille ses clients plus qu’elle ne le faisait auparavant quand leur quotidien était rythmé par la réalisation des bilans ou la totalisation des livres manuscrits. L’informatisation a permis de donner aux experts-comptables les outils pour assurer cette nouvelle activité », constate le quinquagénaire. « La participation à des groupes de travail au sein de France Défi nous a également permis de nous développer, de nous structurer et d’innover en nous appuyant sur la richesse des échanges et sur la multitude des outils créés par le groupement d’expert-comptable (gestion électronique de documents, grille d’analyse de la performance des cabinets, grille de rémunération des salariés) », poursuit Gilles Cordier.

Passage à une autre échelle

Trop à l’étroit dans ses anciens locaux, la « petite entreprise » a depuis déménagé à Audincourt, à seulement un kilomètre de l’ancienne maison. La diversification du métier, « que l’on ne peut plus faire seul », selon lui, a contribué par ailleurs à l’extension du cabinet, qui a racheté trois structures en deux ans. « Le regroupement des cabinets est une des conséquences de l’évolution de la profession », explique-t-il. Le prochain défi ? Continuer la dématérialisation avec comme objectif «  Zéro papier ». Un chantier auquel son fils, encore étudiant, s’attellera certainement. Car lui aussi a d’ores et déjà décidé de ce qu’il fera : expert-comptable !