Qualité de l’air en entreprise : un enjeu stratégique pour la santé et la performance

L’air intérieur d’un local fermé quel qu’il soit est pollué et peut présenter un risque pour le confort et la santé des personnes qui y travaillent. Bonnes pratiques et solutions techniques permettent d’améliorer la qualité de l’air à l’intérieur de l’entreprise.

Accroche-press’ pour France Défi
Publié le lundi 19 janvier 2026 à 16h06
Respirez mieux au bureau : pourquoi un air sain booste la performance, la santé et l’engagement des équipes.

En bref

  • 1. La qualité de l’air intérieur (QAI) en entreprise est un enjeu de performance majeur, car l’air intérieur est jusqu’à 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur.
  • 2. Une mauvaise gestion de cet environnement entraîne absentéisme et baisse de productivité, tandis qu’un air sain peut générer des gains de performance de 8 % à 11 %.
  • 3. Au-delà du respect des obligations légales de renouvellement d’air imposées par le Code du travail, l’entreprise doit surveiller des indicateurs précis comme le taux de CO2 (idéalement sous 1 000 ppm), les particules fines et les polluants chimiques.
  • 4. L’amélioration passe par l’entretien des systèmes de ventilation, l’usage de purificateurs avec filtres Hepa et l’adoption de produits d’entretien écolabellisés. Enfin, intégrer la QAI dans une démarche RSE globale permet de renforcer l’engagement des collaborateurs et l’attractivité de la marque employeur.

 

Comprendre les enjeux de la qualité de l’air en entreprise

Les sources de pollution intérieure au bureau

La pollution intérieure dans les espaces professionnels provient de multiples sources. Matériaux de construction, mobilier, produits d’entretien, équipements informatiques… Ces éléments peuvent émettre des composés organiques volatils (COV) et autres polluants qui dégradent significativement la qualité de l’air que respirent vos collaborateurs. Sans oublier le CO2 qui s’accumule naturellement dans les espaces clos et mal ventilés.

Impact sur la santé des collaborateurs et la performance de l’entreprise

Une mauvaise qualité de l’air intérieur (QAI) n’est pas sans conséquence. À court terme, elle peut provoquer maux de tête, irritations, fatigue, difficultés de concentration. Sur le long terme, les risques s’aggravent : problèmes respiratoires chroniques, allergies persistantes, voire pathologies plus sérieuses. Du côté de l’entreprise, les répercussions se mesurent en termes d’absentéisme accru, de baisse de productivité et de dégradation du climat social.

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Ce que dit la loi sur la qualité de l’air au travail

Obligations légales en matière d’aération des locaux

Le Code du travail impose des obligations précises aux employeurs concernant l’aération et l’assainissement des locaux de travail (articles R. 4222-1 à R. 4222-26). Ces dispositions prévoient notamment un renouvellement d’air minimum par occupant, variable selon la nature de l’activité. Les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour certains polluants doivent également être respectées, sous peine de sanctions.

Les évolutions récentes de la législation

La prise de conscience des enjeux sanitaires liés à la qualité de l’air intérieur a conduit à un renforcement progressif de la réglementation. De nouvelles normes techniques, des contrôles plus fréquents et des exigences accrues en matière d’information des salariés caractérisent cette évolution. La crise sanitaire a également accéléré cette tendance, en plaçant la qualité de l’air au cœur des préoccupations.

Comment évaluer la qualité de l’air dans vos locaux

Les paramètres à mesurer prioritairement

Pour dresser un état des lieux pertinent, plusieurs indicateurs clés doivent être surveillés : taux de CO2 (idéalement maintenu sous les 1 000 ppm), humidité relative (entre 40 % et 60%), température, concentration en particules fines (PM2.5 et PM10), présence de composés organiques volatils et de formaldéhyde. Ces mesures permettent d’obtenir une vision globale de la qualité de l’air respiré par vos équipes.

Les équipements de mesure disponibles

Du simple capteur de CO2 connecté aux stations de mesures professionnelles multiparamètres, l’offre d’équipements s’est considérablement diversifiée. Les capteurs nouvelle génération permettent un suivi en temps réel et une analyse des tendances via des applications dédiées. Pour les analyses plus poussées, notamment concernant les COV spécifiques, le recours à un laboratoire spécialisé reste nécessaire.

Quand et comment réaliser un audit qualité air complet

Un audit complet est recommandé lors de l’installation dans de nouveaux locaux, après des travaux importants, ou en cas de plaintes récurrentes des collaborateurs. Cette démarche, idéalement réalisée par un bureau d’études spécialisé, combine mesures in situ, prélèvements pour analyses en laboratoire et inspection des systèmes de ventilation. Elle débouche sur un rapport détaillé et des préconisations adaptées à votre configuration.

Solutions concrètes pour améliorer la qualité de l’air en entreprise

Optimisation des systèmes de ventilation existants

Avant d’envisager des investissements importants, assurez-vous que vos installations existantes fonctionnent de manière optimale. Un entretien régulier des filtres, le réglage des débits d’air et la vérification des prises d’air extérieur peuvent suffire à améliorer significativement la situation. La programmation des systèmes en fonction de l’occupation réelle des locaux représente également un levier d’optimisation souvent négligé.

Purificateurs d’air : lesquels choisir et pour quels espaces ?

Face à des problématiques spécifiques (pollution extérieure importante, impossibilité d’ouvrir les fenêtres, présence d’allergènes…), les purificateurs d’air peuvent constituer un complément utile. Privilégiez les appareils équipés de filtres Hepa véritables (H13 minimum) et de filtres à charbon actif. Leur dimensionnement doit être adapté au volume des pièces à traiter, et leur emplacement stratégique pour maximiser leur efficacité.

Solutions naturelles et pratiques de bon sens

Des mesures simples peuvent avoir un impact significatif : politique de ménage utilisant des produits écolabellisés, choix de mobilier à faibles émissions, intégration de plantes dépolluantes et, bien sûr, aération manuelle régulière des locaux. Ces approches peu coûteuses constituent souvent la première étape d’une démarche d’amélioration globale.

Stratégie globale et management de la qualité de l’air

Intégrer la QAI dans votre politique QVT

La qualité de l’air intérieur doit s’inscrire dans une approche holistique du bien-être au travail. Son intégration à votre politique de qualité de vie au travail permet de lui donner une visibilité et une importance stratégique. Cette approche facilite également la mobilisation des ressources nécessaires et l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes.

Sensibiliser et impliquer les collaborateurs

La réussite d’une démarche d’amélioration passe nécessairement par l’engagement des utilisateurs des locaux. Actions de sensibilisation, ateliers pratiques, désignation de référents QAI, remontées d’information facilitées… autant de moyens de faire de chaque collaborateur un acteur du changement plutôt qu’un simple bénéficiaire passif.

Mesurer et valoriser les progrès réalisés

La mise en place d’indicateurs de suivi (mesures régulières, enquêtes de satisfaction, suivi de l’absentéisme lié aux affections respiratoires…) permet d’objectiver les améliorations obtenues. Ces résultats méritent d’être valorisés en interne, mais aussi auprès de vos parties prenantes externes, comme preuve de votre engagement RSE.

Retour sur investissement : les bénéfices concrets d’une démarche QAI

Impact sur la productivité et l’absentéisme

Plusieurs études scientifiques établissent un lien direct entre qualité de l’air et performance cognitive. Une amélioration de la QAI peut ainsi générer des gains de productivité de 8 % à 11 %. Parallèlement, la réduction de l’absentéisme lié aux affections respiratoires et aux différents symptômes représente une économie tangible, souvent sous-estimée par les entreprises.

Valorisation de votre démarche RSE

Une politique volontariste en matière de qualité de l’air constitue un atout différenciant dans votre communication RSE. Elle témoigne d’une approche responsable qui dépasse le strict cadre réglementaire pour placer réellement la santé des collaborateurs au cœur des priorités de l’entreprise. Un engagement qui résonne particulièrement auprès des nouvelles générations de talents.