Deux tiers des candidats déclarent avoir modifié volontairement une information sur leur CV et deux tiers des recruteurs admettent ne pas faire de contrôle systématique des CV. Ces données, issues de la 9e étude sur les CV trompeurs du Florian Mantione Institut, montrent l’importance pour les entreprises de se prémunir davantage contre la fraude lors des processus de recrutement.
Ce, d’autant plus à l’heure de l’IA générative. « Le plus souvent, les candidats trichent sur leur niveau de compétence en langues et en informatique, l’intitulé de leurs postes et la chronologie de leurs expériences professionnelles », rapporte Augustin Valero, associé chez Florian Mantione Institut.
20 % de mensonges sur les diplômes
La fraude sur les diplômes concerne quant à elle environ 20 % des candidats, selon le cabinet. Face à la hausse des documents falsifiés, les entreprises peuvent se tourner vers des logiciels spécialisés ou des sociétés de vérification des informations des candidats, comme Finovox, EveryCheck ou iCover. Elles peuvent aussi « renforcer et professionnaliser leurs processus de recrutement », recommande Augustin Valero.
Des tests pratiques pour les langues et autres compétences
Le premier conseil de cet expert est de vérifier « systématiquement » les diplômes, le niveau de langues et les compétences informatiques. « Il est important de ne pas se contenter de la mention du diplôme sur le CV, mais de le demander. C’est évidemment essentiel pour les métiers réglementés, car l’employeur engage alors sa responsabilité pénale », souligne Augustin Valero. Les niveaux de langue et de maîtrise informatique peuvent être vérifiés via des tests pratiques.
Explorer les réseaux sociaux
Autre recommandation de cet expert : explorer les réseaux sociaux des candidats, notamment le réseau professionnel LinkedIn. « C’est une manière de détecter d’éventuels écarts entre le profil Linkedin et le CV transmis lors du processus de recrutement. Cela peut aussi être intéressant pour acquérir une vision du candidat, par exemple en regardant si la personne est active et met en avant son expertise par des articles ou des commentaires », détaille-t-il.
Se servir de l’entretien…
Une autre étape du recrutement permettant de détecter d’éventuelles fraudes est l’entretien. « Il est important de structurer l’entretien d’embauche en fonction des besoins réels de l’entreprise. Plutôt que de laisser le candidat dérouler son parcours de façon chronologique, il faut orienter l’entretien sur les expériences et les compétences véritablement pertinentes pour le poste en question », explique Augustin Valero.
… et demander des références
Un dernier conseil consiste à vérifier les références professionnelles. « Même si un entretien bien mené peut écarter de nombreux doutes, cela reste du déclaratif », souligne l’expert du Florian Mantione Institut. Il recommande donc d’informer les candidats que des références professionnelles peuvent leur être demandées au cours du processus de recrutement. « Ils sont tout à fait libres de refuser, ce qui peut constituer en soi un indice », conclut-il.