Mobilité professionnelle : quelles implications dans l’usage des vélos ou trottinettes pour l’entreprise ?

Aménagements, équipements, prévention des risques, tour d’horizon des obligations et recommandations pour l’entreprise qui souhaite favoriser les mobilités alternatives dans les déplacements de ses salariés.

Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Publié le lundi 9 mars 2026 à 12h00 | Lecture 4 minutes
L’entreprise peut aussi proposer des équipements, comme un gilet de visibilisation, un casque, des lumières ou des protections contre la pluie, à ses collaborateurs. (Stock.adobe.com @Tymoshchuk)

De nombreux vélotafeurs ont déjà adopté la bicyclette pour leurs trajets domicile-travail. Pour les entreprises, il y a de multiples raisons d’encourager également le recours au vélo, musculaire ou électrique, ou à la trottinette, pour les déplacements professionnels de leurs collaborateurs. « Nous mettons généralement en avant trois grandes catégories d’arguments », souligne Jean-Loup Prézelin, responsable du label Employeur pro-vélo qui valorise les employeurs engagés pour favoriser la pratique du vélo et les accompagne dans leurs actions en ce sens. Opter pour ces moyens de transport a ainsi selon lui des avantages économiques, écologiques et en termes de santé et de bien-être au travail.

Évaluer les modes et les risques associés

Cela suppose cependant plusieurs adaptations de la part des entreprises, qu’elles pourront intégrer à leur plan de mobilité employeur, pour celles concernées par l’obligation de se doter d’un tel document. Avant d’encourager les collaborateurs à enfourcher vélos ou trottinettes, il importe notamment d’évaluer les types de déplacements réalisés, les risques associés et de les faire figurer dans son document unique d’évaluation des risques professionnels. « Parmi les obligations en matière de sécurité, notre label prévoit la réalisation d’un diagnostic vélo autour du site visant à identifier les itinéraires sûrs, les points noirs nécessitant de trouver des trajets alternatifs ou pouvant être signalés à la collectivité », illustre Jean-Loup Prézelin.

Analyser les besoins et le budget disponible

La question se pose ensuite de savoir si l’entreprise souhaite mettre des vélos ou des trottinettes à disposition de ses collaborateurs, soit à travers l’attribution d’engins à certains salariés, soit à travers la location auprès d’un prestataire ou l’achat d’une flotte partagée. Elle peut aussi encourager les collaborateurs à utiliser leurs propres équipements, par exemple en prenant en charge certains coûts via le forfait de mobilité durable. Le choix dépendra de l’analyse des besoins et des habitudes de déplacement, mais aussi du budget disponible. « Il n’y a pas d’obligation de fournir des vélos ou des trottinettes », explique Jean-Loup Prézelin, qui encourage cependant à la mise en disposition de flottes et rappelle que des incitations fiscales existent pour cela.

Mettre en place des stationnements

La loi prévoit en revanche des obligations s’agissant des parkings à vélos, que l’entreprise encourage ou non l’utilisation de bicyclettes. Ainsi, prévoir des infrastructures de stationnement de vélos est désormais obligatoire lors de la construction de bâtiments à usage industriel ou tertiaire constituant principalement un lieu de travail et équipés de places de stationnement pour les salariés.

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Elles doivent aussi être installées en cas de travaux dans les parcs de stationnement d’au moins dix places, lorsque le coût de ces travaux est au moins égal à 2 % de la valeur du ou des bâtiments et, sauf dérogation, dans les bâtiments à usage tertiaire existants dotés d’au moins 10 places de parking.

La loi définit le nombre d’emplacements vélos à fournir, variant de 10 % à 15 % au minimum de l’effectif salarié, et les caractéristiques à respecter pour ces infrastructures dont l’accès doit être sécurisé.

Équipements et formation à la sécurité

L’entreprise peut aussi proposer des équipements, comme un gilet de visibilisation, un casque, des lumières ou des protections contre la pluie, à ses collaborateurs. C’est une manière de contribuer à assurer la sécurité des déplacements, un objectif essentiel pour les employeurs tenus de veiller à la santé et à la sécurité de leurs collaborateurs.

C’est pourquoi l’organisation de sessions de sensibilisation et de formation des salariés est incontournable lorsque l’on souhaite leur faire utiliser des vélos ou des trottinettes pour des déplacements professionnels. Il peut s’agir bien sûr de rappeler les règles du code la route et les réflexes de sécurité, mais aussi de former les salariés à la maintenance de leurs vélos par exemple. « De très nombreux acteurs proposent ce type de prestation dans quasiment tout le territoire », précise Jean-Loup Prézelin, dont le label fournit aussi aux employeurs un annuaire de prestataires référencés.

Veiller à bien s’assurer

Enfin, le recours à ses moyens de transport a des implications en termes d’assurance. Il importe que l’entreprise signale l’utilisation des vélos ou des trottinettes à son assureur. C’est en effet sa responsabilité civile en tant qu’employeur qui sera engagée pour couvrir les éventuels dommages causés à des tiers par le salarié qui se déplacent à vélo dans le cadre professionnel. Un accident survenu dans ce cadre sera par ailleurs considéré comme un accident du travail et couvert par la Sécurité sociale.