Autopartage, une solution de mobilité aux multiples bienfaits

Économique et écologique, l’autopartage gagne des adeptes parmi les entreprises, qui peuvent internaliser ce service ou faire appel à des prestataires.

Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Publié le jeudi 15 janvier 2026 à 11h19
Opter pour cette solution peut aussi sensibiliser les salariés à la nécessité d’adopter des mobilités plus durables. (Stock.adobe.com @Pormezz)

Son principe, consistant à partager un véhicule entre plusieurs utilisateurs, a d’abord séduit des particuliers. Mais l’autopartage, qui comptait en 2025 plus d’un million d’utilisateurs en France selon le baromètre de l’Association des acteurs de l’autopartage, se développe aujourd’hui au sein des collectivités et des entreprises. Elles sont ainsi de plus en plus nombreuses à proposer une flotte commune de véhicules accessibles à leurs collaborateurs le plus souvent via une plateforme de réservation en ligne.

Des intérêts économiques

Cette solution a plusieurs intérêts, notamment économiques. L’autopartage permet en effet à une entreprise de réduire le nombre de véhicules dans sa flotte, en optimisant leur utilisation. Les voitures roulent davantage, conduites par différents collaborateurs, plutôt que de dormir sur le parking. Cela limite les frais d’achat et d’entretien de véhicules comme les dépenses d’assurance ou de stationnement. « Le partage des véhicules permet également de réduire le recours aux taxis et locations de courte durée d’une partie du personnel, donc globalement les frais de transport », souligne le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

Des avantages écologiques

L’autre principal argument en faveur de l’autopartage est son intérêt écologique puisqu’il permet réduire le nombre de véhicules nécessaires pour répondre à un même besoin de déplacements. L’Ademe a ainsi estimé qu’une voiture en autopartage pouvait remplacer de 5 à 8 voitures personnelles. La mutualisation contribue à « diminuer le nombre de voitures sur les routes, et ainsi à réduire la pollution de l’air associée », écrit l’organisme.

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C’est d’autant plus vrai que son adoption par les entreprises s’inscrit souvent dans une stratégie plus globale de verdissement des mobilités. Selon les données récoltées par Mobility tech green, un spécialiste de l’autopartage, auprès de 129 clients, 41,8 % des véhicules mis en autopartage étaient ainsi électriques en 2025.

Aller au-delà des déplacements professionnels

Opter pour cette solution peut en outre être une manière de sensibiliser les salariés à la nécessité d’adopter des mobilités plus durables. Le Cerema note d’ailleurs qu’il conduit souvent naturellement les collaborateurs à davantage rationaliser leurs déplacements. Pour eux, la mise en place d’une solution d’autopartage et les services numériques de gestion associés peut être synonyme de plus d’autonomie dans la planification de leurs déplacements. Certains employeurs en font même un véritable avantage en offrant la possibilité d’utiliser un véhicule pour des trajets personnels le week-end.

Analyser les besoins

La mise en place d’une flotte de véhicules partagés, qui peut s’intégrer au plan de mobilité obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, suppose de procéder au préalable à une analyse fine des besoins de mobilité. Beaucoup d’acteurs optent pour des solutions mixtes en gardant une part de véhicules de fonction ou de société affectés à certains collaborateurs – ceux qui se déplacent beaucoup – et en proposant une flotte en autopartage pour les autres, qui effectuent des trajets plus ponctuellement. Il faut également tenir compte de la situation géographique de l’entreprise : le passage à l’autopartage est d’autant plus facile que des solutions alternatives de mobilité existent, comme c’est généralement le cas en zone urbaine.

Une alliance possible avec d’autres entreprises

Une fois les besoins clairement identifiés, il faut déterminer le type de véhicules à partager, et choisir si l’entreprise passe par un prestataire ou internalise la gestion de cette flotte, ou encore si elle s’associe avec d’autres entreprises voisines. Les solutions à déployer en termes de système de réservation, de suivi de la flotte, de modalité d’ouverture dématérialisée des véhicules doivent être bien étudiées pour éviter les couacs qui pourraient rebuter les utilisateurs.

Dans tous les cas, communication et accompagnement sont nécessaires pour assurer la transition vers ce nouvel usage. Il importe de bien définir les règles d’utilisation des véhicules, par exemple dans le cadre d’une charte, et de veiller à répondre aux éventuelles inquiétudes des salariés, voire de faire évoluer la flotte dans le temps pour mieux l’adapter aux besoins quand cela apparaît nécessaire.