Pour les entreprises, la transition vers la mobilité électrique s’impose de plus en plus. Il s’agit non seulement de respecter les objectifs fixés par la loi s’agissant du verdissement des flottes, mais aussi de s’adapter à une réalité économique, la détention de véhicules électriques étant, sur le plan fiscal notamment, plus avantageuse.
Pour réussir cette transition, l’enjeu n’est pas uniquement de choisir les bons véhicules en optant pour les modèles les plus adaptés aux besoins de ses salariés. Encore faut-il embarquer ces derniers dans ce changement. « C’est un point souvent oublié par les organisations. Elles se lancent parce que c’est économiquement bon, mais le vrai sujet est celui de l’adoption de ces véhicules électriques. Et les entreprises ont intérêt à le traiter aussi comme un sujet RH, à s’intéresser à la psychologie du collaborateur », souligne François Gatineau. Président du cabinet de conseil et bureau d’études Mobileese, il accompagne des structures de toute taille dans le passage à la mobilité électrique.
Lever les inquiétudes des salariés
Pour susciter l’adhésion, il importe d’abord de lever les inquiétudes qui peuvent exister chez les salariés concernant, par exemple, l’autonomie des véhicules électriques, l’organisation de la recharge, la conduite de ces voitures. « Il faut que le collaborateur se sente sécurisé à tous les égards, pas seulement en termes de sécurité au sens de la protection des personnes, mais aussi au sens où il doit pouvoir se dire qu’il peut faire les kilomètres dont il a besoin, savoir comment il rechargera le véhicule, ce que cela lui coûtera », illustre François Gatineau qui encourage les entreprises à établir un plan et des outils de communication pour répondre à ces interrogations.
L’idée est à la fois de rassurer et de montrer l’intérêt du passage à l’électrique non seulement pour l’entreprise, mais pour le salarié lui-même. « Lui comparera son confort actuel et son confort futur, il faut donc positiver le sujet et lister les bénéfices pour lui », résume l’expert.
Mettre en avant les avantages pour les salariés
Absence de bruit, vibrations limitées, le confort de conduite fait partie de ces bénéfices. Le fait de pouvoir recharger son véhicule sur le parking de l’entreprise quand des bornes y sont installées – une obligation dans certains cas – est aussi un plus. En la matière, il faut impérativement réfléchir aux solutions de recharge proposées avant même de commander ses voitures électriques.
Outre l’installation de bornes, l’entreprise peut proposer une prise en charge de la recharge, voire l’installation de bornes au domicile des collaborateurs. « Tout cela doit être pensé en amont : il faut savoir quelle politique l’entreprise proposera et comment elle la met en œuvre », pointe François Gatineau. Si l’objectif doit être de faciliter la recharge afin qu’elle ne soit pas un point de crispation, des règles claires doivent être établies.
Miser sur des ambassadeurs
Tous les collaborateurs n’étant pas susceptibles de se convertir au même rythme à l’électrique, le mieux est de pouvoir mettre en place une transition progressive. « Plutôt qu’un changement massif d’un seul coup, il est intéressant de s’appuyer sur les salariés les plus susceptibles d’adhérer à cette transition et d’en faire des ambassadeurs auprès des autres collaborateurs », conseille le spécialiste. Des tests de véhicules électriques peuvent aussi être organisés avec des concessionnaires.
Lever les réticences passe également par la formation. Les salariés doivent être initiés au B.A.-BA de la mobilité électrique : comprendre les différents types de recharge, la manière de recharger, d’optimiser l’autonomie du véhicule, la conduite avec une boîte automatique. « Ce peut être l’occasion de dispenser aussi des cours d’écoconduite. Les effets sont très visibles avec des véhicules électriques et on a souvent de très bons retours des collaborateurs concernant ce type de sensibilisation », constate François Gatineau.
En mettant en avant les intérêts de la mobilité électrique et en donnant aux salariés les outils pour l’adopter sans crainte et en tirer le meilleur parti, l’entreprise maximise les chances de faire des collaborateurs des moteurs de cette transition.