Bornes de recharge électrique : quelle installation pour votre entreprise ?

Depuis 2025, les entreprises de taille au moins intermédiaire doivent disposer de 5 % de places de parking équipées de bornes de recharge électrique. Comment choisir son installation ?

Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Dernière mise à jour le lundi 23 février 2026.

Pour les entreprises, installer une ou des bornes de recharge pour véhicules électriques, c’est à la fois répondre à une nécessité pratique pour les collaborateurs circulant avec ce type de véhicule, une manière d’encourager les mobilités décarbonées et un élément de fidélisation RH et de renforcement de sa marque employeur. Selon l’association professionnelle Avere-France, 90 % des usagers de véhicules électriques se branchent à leur domicile ou sur le lieu de travail.

Des quotas de places équipées

L’installation de bornes de recharge est aussi une contrainte réglementaire. Depuis 2012, les bâtiments neufs ou rénovés à usage tertiaire ou industriel ont l’obligation d’être partiellement prééquipés (1). Une obligation étendue en 2015 aux bâtiments existants par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Promulguée en décembre 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) est venue renforcer ces obligations pour les bâtiments neufs ou bénéficiant d’une rénovation importante.

Si la demande de permis de construire a été déposée après le 11 mars 2021, 20 % des emplacements des parkings de plus de 10 places doivent être prééquipés en bornes de recharge. Les TPE et PME ne sont cependant pas concernées. Depuis le 1er janvier 2025, les parkings d’entreprise de plus de 20 places doivent avoir au moins 5 % de leurs emplacements équipés, dont au moins un dimensionné pour accueillir un véhicule adapté aux personnes à mobilité réduite.

Bornes de recharge électrique : comment choisir son installation ? 

Toutes les bornes de recharge électrique ne sont pas identiques. On distingue généralement trois types de bornes qui varient selon leur vitesse de charge : les bornes lentes (puissance inférieure à 7 kilowatts), celles à la recharge moyenne (22 kilowatts) et les ultra-rapides (150 kilowatts et plus).  Il importe de s’assurer que la puissance installée soit adaptée aux véhicules qui utiliseront la borne et à leurs caractéristiques. Le risque ? Que le dispositif soit peu efficient. Ainsi un véhicule doté d’un chargeur interne triphasé de 11 kW et branché à une borne de 7 kW monophasée ne rechargerait qu’à la puissance de 3,7 kW, la limite de chacune des trois phases du chargeur interne. Mieux vaut donc se faire accompagner par un bureau d’études certifié pour adapter l’architecture électrique aux besoins réels de l’entreprise.

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Une installation adaptée aux usages

La puissance de la recharge doit aussi être adaptée à l’usage du véhicule. Un commercial qui effectue plusieurs trajets courts aura besoin d’une charge rapide. À l’inverse, un salarié sédentaire se contentera d’une recharge lente et certainement pas tous les jours.

Pour gérer les usages des salariés, il peut être utile de mettre en place une politique RH dédiée. Solution alternative : la borne de recharge au domicile du collaborateur que l’entreprise peut louer et dont elle peut prendre en charge tout ou partie des dépenses d’installation.

Quel coût d’installation ?

Le coût de l’installation d’une infrastructure de recharge dépend de différents facteurs. On estime en moyenne entre 1 500 euros et 4 000 euros le coût d’une borne de recharge, voire au-delà pour une recharge plus rapide. Certaines aides, principalement locales, permettent de réduire l’investissement. Ainsi, le programme national Advenir, qui a financé l’installation de bornes, ne propose aujourd’hui de primes aux entreprises que pour des projets visant au rechargement de poids lourds. Certaines collectivités continuent en revanche de soutenir le déploiement de bornes, à l’image de la région Grand Est qui propose une aide pouvant aller jusqu’à 50 % du coût du projet, dans la limité de 1000 euros par point de charge.

Attention, il est nécessaire de choisir un installateur agréé pour bénéficier de l’aide et de respecter un cahier des charges précis. Coupler l’installation de bornes avec celle d’un système de production d’électricité, comme des panneaux photovoltaïques, peut s’avérer intéressant pour faire baisser la facture liée aux recharges.

S’agissant de l’avantage en nature que représente l’utilisation par un salarié à des fins personnelles d’une borne de recharge sur son lieu de travail, il bénéficie jusqu’à fin 2027 d’une tolérance de l’Urssaf qui l’évalue à zéro euro. Lorsque l’entreprise prend en charge les frais d’installation et d’achat d’une borne au domicile de son collaborateur, cela ne constitue pas un avantage en nature dès lors que la borne est retirée à la fin du contrat de travail. Si la borne est maintenue, le montant de l’avantage en nature est évalué selon l’âge de la borne et selon que la prise en charge dépasse ou non une certaine fraction des dépenses que le salarié aurait dû engager pour l’achat et l’installation de la borne.

Dans le cas d’une location de la borne, l’entreprise peut prendre en charge jusqu’à 50 % du loyer sans que cela ne soit considéré comme un avantage en nature.

(1) Installation de fourreaux, de chemins de câble ou de conduits à partir du tableau général basse tension (TGBT)…