À la une Adaptation aux risques climatiquesFacturation électronique

Congés d’été : dirigeants, profitez-en pour (vraiment) décrocher

À l’approche de la pause estivale, le psychologue du travail Christophe Nguyen partage ses conseils pour faire des vacances un véritable temps de récupération.

Par Jessica Berthereau, Accroche-press’ pour France Défi
Publié le jeudi 9 juillet 2026 à 12h00 | Lecture 4 minutes
Pour vraiment ancrer le repos, il faut compter deux semaines de congé.(Stock.adobe.com @dodotone)

Le manque de repos peut engendrer une baisse de motivation, une mauvaise gestion du stress et l’épuisement professionnel. Prendre des vacances, c’est s’offrir l’opportunité de se régénérer en profondeur. Le psychologue du travail Christophe Nguyen, président et cofondateur d’Empreinte humaine, un cabinet spécialisé dans la promotion de la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux, livre ses conseils pour aider les dirigeants à vraiment décrocher.

christophe nguyen 12

Christophe Nguyen, président et cofondateur d’Empreinte humaine

Pourquoi est-il essentiel pour les dirigeants de prendre des congés ?

Quand on a des objectifs et des missions à accomplir, il nous faut de l’énergie. Et cette énergie, il faut pouvoir la renouveler. En cette période de Coupe du monde, on peut prendre exemple sur les footballeurs, qui prennent beaucoup de temps pour récupérer. S’ils passaient tout leur temps à jouer, ils ne seraient pas aussi performants. Les dirigeants sont soumis à des exigences intenses, essentiellement mentales, ce qui occasionne une porosité entre la vie professionnelle et la vie personnelle. La déconnexion est indispensable pour bien récupérer. Mais les dirigeants, généralement exemplaires en matière d’engagement au travail, ont du mal à l’être aussi sur le plan de la déconnexion.

Combien de temps faut-il pour vraiment décrocher ?

Des études montrent que cela s’installe à partir de huit jours. Et pour vraiment ancrer le repos, il faut compter deux semaines. On n’observe pas de différence majeure entre deux semaines et un mois de congé en matière de récupération profonde. D’ailleurs, il est préférable d’organiser des petites récupérations plusieurs fois dans l’année plutôt que de s’arrêter seulement un mois l’été. On peut par exemple prévoir deux semaines en hiver, deux semaines l’été et des week-ends de trois jours toutes les cinq à six semaines.

Ce qui est important, c’est de prendre le temps de planifier ses vacances. La déconnexion ne se résume pas à bronzer sur la plage, car c’est vite frustrant pour un dirigeant de ne rien faire après avoir été très actif toute l’année. C’est trop brutal et cela peut être anxiogène pour certains. Il peut aussi être intéressant de faire une activité très différente de ce que l’on fait le reste de l’année, par exemple quelque chose de physique si on a un métier très intellectuel, quelque chose en extérieur si on passe son temps enfermé dans un bureau… Cela permet de reposer ce qui est très sollicité durant l’année.

Faut-il déconnecter à 100 % ?

Cela semble impensable pour un dirigeant d’être totalement indisponible pendant deux semaines, car il peut y avoir des urgences. Cela dépend aussi de l’organisation de l’entreprise et des équipes. C’est plus facile de déconnecter lorsqu’on a une équipe solide en laquelle on a confiance. L’important me semble être de réfléchir en amont au niveau de déconnexion et aux modalités de contact en cas de besoin. Par exemple, un dirigeant pourra demander à être contacté uniquement par SMS en cas d’urgence. Un autre décidera de consacrer 15 minutes par jour à une heure précise pour vérifier ses emails et répondre si besoin. Il faut que ces règles soient claires et suivies à la fois par le dirigeant et par ses équipes, afin de respecter le temps de déconnexion et de montrer l’exemple.