Être aidant est une réalité largement partagée. Selon les estimations, entre 7 et 11 millions de Français viennent en aide au quotidien à un parent, un conjoint, un enfant ou un proche qui en a besoin. Ils y consacrent un temps variable, allant de moins d’une heure par jour à 35 heures par semaine, selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Et cela en ayant très souvent une activité professionnelle par ailleurs, qu’il n’est pas toujours simple de concilier avec les exigences liées au fait d’être aidant.
Les dirigeants sont aussi concernés
Si les entreprises peuvent agir en vue d’accompagner leurs salariés aidants pour qui la loi prévoit d’ailleurs différents congés, le phénomène concerne également des dirigeants. Eux aussi peuvent être mobilisés auprès d’un proche en perte d’autonomie en raison d’un accident, d’une maladie, d’un handicap ou du vieillissement avec, souvent à la clef, une réduction ou une détérioration de leur activité normale. Pour ceux qui font partie des travailleurs indépendants (artisans, commerçants, microentrepreneurs, gérants majoritaires de SARL par exemple), l’Assurance maladie propose un dispositif de soutien spécifique.
Compenser le temps passé et les difficultés financières
Ces « aides au répit (…) visent à compenser le temps passé et pallient les difficultés financières que peut rencontrer le travailleur indépendant pour accompagner son proche en situation de perte d’autonomie », explique-t-elle.
Il est ainsi possible d’obtenir la prise en charge partielle de certains frais engagés pour la personne aidée, comme un séjour en hébergement temporaire ou des vacances accompagnées par exemple. Le travailleur indépendant peut aussi solliciter une aide pour lui-même, sous la forme d’un soutien financier, en cas de diminution de son activité, ou psychologique.
Quelques conditions cumulatives
Ces aides sont ouvertes sous différentes conditions. Il faut d’abord être actif et cotiser à l’Assurance maladie comme travailleur indépendant. L’activité indépendante doit être exercée à titre principal. Enfin, il faut accompagner un proche en situation de perte d’autonomie et devoir, pour cela, réduire son activité ou supporter des charges supplémentaires. En revanche, « aucune durée d’affiliation minimale n’est exigée », précise l’Assurance maladie.
Un montant déterminé au cas par cas
Pour en bénéficier, le travailleur indépendant doit effectuer une demande auprès de sa caisse d’assurance maladie en remplissant un formulaire où il devra expliquer les causes de ses difficultés et le motif de sa requête. Parmi les documents à fournir : une attestation de l’Urssaf indiquant qu’il est à jour de ses cotisations, une autre sur l’honneur précisant son lien de parenté avec la personne soutenue, un justificatif ou une attestation sur l’honneur indiquant le manque à gagner résultant de la situation.
Le montant de l’aide est apprécié au cas par cas par la commission d’action sanitaire et sociale du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants. Ces aides sont plafonnées à 6 000 euros par année civile, à raison de 3 000 euros au maximum au titre de l’aide financière destinée à compenser une diminution d’activité et 3 000 euros au maximum pour l’ensemble des autres formes d’aides. En 2025, le montant moyen des aides accordées était d’environ 2 250 euros.