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Installation de commerces en zone rurale : une aide financière

Publié le jeudi 7 septembre 2023 à 16h15
Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Experts & Décideurs Stratégie d’entreprise Financement Installation de commerces en zone rurale : une aide financière

Au nom de la lutte contre la désertification commerciale, une nouvelle aide financière peut être apportée à des projets d’installation de commerces en zone rurale, sélectionnés sur plusieurs critères.

Plus de 21 000 communes ne disposent aujourd’hui plus d’aucun commerce selon l’Insee. Si les magasins de proximité ont souvent été plébiscités par les habitants pendant l’épidémie de covid, assurer la rentabilité de ce type de projet n’est pas aisé. « Dans les petits commerces, le taux de marge brute est faible, de l’ordre de 30 % pour l’épicerie classique. Le chiffre d’affaires à développer est donc plus important pour atteindre une rentabilité correcte », souligne Yannick Loubière, expert-comptable chez CL Expertise et membre de France Défi. Faire vivre ce type de commerce suppose en outre de nombreuses heures de travail et une capacité à gérer plusieurs métiers selon les différentes activités retenues. Toute aide est donc bienvenue pour les candidats à l’installation.

Depuis mars dernier un dispositif propose aux commerces sédentaires multiservices s’installant dans une commune rurale et aux commerces non-sédentaires prévoyant une tournée hebdomadaire d’au moins 4 jours par semaines dans des communes rurales de bénéficier d’une aide financière. Les projets doivent venir en complément de l’offre commerciale existante à l’échelle de la zone de chalandise, apporter de nouveaux services à la population (boulangerie, point presse, relai colis, petite épicerie, etc…) et être appuyés par la collectivité territoriale sur laquelle ils souhaitent s’installer.

 

Aide à l’investissement

Le dispositif prévoit une aide à l’investissement pour l’acquisition d’un local et les travaux relatifs à sa remise en état  avec une prise en charge jusqu’à 50 % des dépenses dans la limite de 50 000 €. Les dépenses d’aménagement des locaux et d’acquisition de matériel professionnel peuvent également être prises en charge à hauteur de 50 % dans la limite de 20 000 € ou 25 000 € pour les projets présentant « un intérêt particulier en matière de développement durable ou un caractère innovant dans son modèle économique ».

Pour les commerces non sédentaires, l’acquisition d’un véhicule de tournée peut bénéficier d’une prise en charge à 50 % des dépenses d’investissement, dans la limite de 20 000 €. « Les montants sont intéressants, mais il faut ensuite que les porteurs de projet puissent vivre de leur activité », prévient Yannick Loubière. L’aide ne porte pas sur les dépenses de fonctionnement ou de constitution du stock de marchandises par exemple.

Sélection des dossiers

Pour obtenir ces financements, les porteurs de projets doivent constituer un dossier intégrant notamment une étude de faisabilité et un bilan prévisionnel. Les dossiers sont instruits et priorisés en préfecture puis transmis à l’Agence nationale pour la cohésion des territoires (ANCT), qui gère l’enveloppe de 12 millions d’euros allouée au dispositif pour la période 2023-2024.

Il ne suffit pas de candidater, il faut avoir un bon dossier et faire partie des 10 à 15 projets sélectionnés par région.

Yannick Loubière, expert-comptable chez CL Expertise

Le cahier des charges et les dossiers de candidatures sont disponibles sur le site de l’ANCT.