Voitures électriques : sont-elles vraiment avantageuses ?

Les voitures électriques se font une place croissante dans les flottes automobiles des entreprises, en raison notamment d’une fiscalité qui pénalise de plus en plus les véhicules thermiques.

Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Dernière mise à jour le mardi 24 mars 2026. | Lecture 4 minutes

Le verdissement des flottes d’entreprise est à l’œuvre. Une évolution poussée par différents facteurs : les intérêts en termes de RSE et de limitations des émissions de CO2 d’une part, un contexte réglementaire qui augmente les exigences en la matière et une fiscalité de plus en plus incitative d’autre part. Ainsi, d’après le ministère de la Transition écologique, « la part de la motorisation électrique dans les immatriculations neuves des entreprises augmente nettement ». Elle est passée de 12,0 % en 2024 à 19,1 % en 2025.

Confort de conduite, accès aux zones à faibles émissions (dont l’existence est cependant remise en cause), amélioration des technologies et déploiement des infrastructures de recharge, différents arguments peuvent aujourd’hui plaider en faveur de l’électrique. Les interrogations concernant l’autonomie des véhicules ou la recharge constituent toutefois toujours des freins à l’électrification des flottes d’entreprises. Mais l’équation économique, elle, penche de plus en plus du côté des véhicules électriques.

Un prix à l’achat plus élevé mais sans malus

Certes, au moment de l’achat, leur prix demeure plus élevé que celui des thermiques et une partie des aides, notamment nationales, qui permettait d’en alléger le coût a disparu. Il est cependant toujours possible de mobiliser des certificats d’économies d’énergie et des subventions locales pour faire baisser la facture. Surtout, deux malus continuent d’alourdir le coût des véhicules plus polluants. Le premier est calculé selon un barème en fonction des émissions de C02 du véhicule. Le second, appelé malus masse pénalise les engins les plus lourds (à partir de 1 500 kg) et si les véhicules électriques n’en seront plus exonérés à partir du 1er juillet 2026, ils bénéficieront tout de même d’un abattement de 600 kg.

Des frais variables

Pendant la période d’utilisation du véhicule, les frais d’entretien courant peuvent être moins élevés pour une voiture électrique que pour une thermique (pas de vidange, pas de boîte de vitesse, moins d’éléments de motorisation en mouvement). En cas d’accident et de chocs sur les éléments électroniques ou la batterie, la facture peut en revanche monter, ce qui contribue à expliquer que les primes d’assurance puissent être plus élevées pour l’électrique.

Des plafonds d’amortissement favorables à l’électrique

En matière d’amortissement, l’avantage va clairement aux voitures électriques. Si l’amortissement est plafonné à 30 000 euros pour les véhicules de tourisme émettant moins de 20 grammes de CO2 par kilomètre, la limite tombe à 18 300 voire 9 900 euros pour les véhicules thermiques les plus polluants. S’ajoute à cela la possibilité d’amortir intégralement la batterie lorsqu’elle fait l’objet d’une facturation distincte du véhicule.

Les taxes pénalisent les véhicules thermiques

Chaque année, les entreprises doivent également verser différentes taxes en lien avec les véhicules qu’elles utilisent. Là encore, la balance penche en faveur de l’électrique. Le montant de la taxe sur les émissions de CO2 augmente logiquement avec le taux d’émission de CO2 du véhicule. Celui de la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques est nul pour les véhicules électriques. La taxe annuelle incitative introduite en 2025 complète l’édifice fiscal visant à encourager le passage aux véhicules propres en mettant à contribution les entreprises dont les flottes dépassent les 100 véhicules et n’atteignent pas une certaine part de véhicules à faible émission, qui augmente chaque année, passant de 18 % en 2026 à 48 % en 2030.

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S’il faut parfois convaincre les collaborateurs de l’intérêt de passer à l’électrique, cela peut aussi avoir un bénéfice très concret pour eux. En effet, le calcul de l’avantage en nature constitué par la mise à disposition d’un véhicule de fonction prévoit des dispositions particulières avec des abattements pour les véhicules 100 % électriques atteignant le meilleur niveau de score environnemental. En outre, que le conducteur soit salarié ou profession libérale, le montant des frais kilométriques est majoré de 20 % quand le véhicule utilisé est électrique.

Étude au cas par cas

En prenant en compte le budget global de détention d’un véhicule (ou TCO pour total cost ownership), les calculs font donc généralement de l’électrique un choix plus intéressant que le thermique. « Alors qu’en 2024, l’écart s’était quelque peu resserré entre les deux motorisations, il se creuse de nouveau cette année sous l’effet d’une fiscalité toujours plus contraignante, qui donne l’avantage à l’électrification des parcs d’entreprise », note ainsi l’étude TCO Scope 2025 de l’Arval mobility observatory.

En revanche, le constat diffère s’agissant des utilitaires légers. Avant de faire son choix, il importe donc de s’assurer que le véhicule visé correspond aux besoins de l’entreprise, et d’effectuer un comparatif au cas par cas, avec l’aide de son expert-comptable, pour tenir compte de l’ensemble des paramètres.