La mobilité, un enjeu majeur pour la RSE

La réflexion sur les mobilités est souvent incontournable pour les entreprises désireuses d’améliorer leur impact sur la société. C’est aussi un champ sur lequel il est relativement facile d’agir avec de nombreux bénéfices à la clef.

Publié le lundi 30 mars 2026 à 11h00 | Lecture 5 minutes
Promouvoir des mobilités plus durables pour les trajets professionnels et les déplacements domicile-travail de ses salariés a d’autres avantages que celui de réduire son bilan carbone. (Stock.adobe.com @pikselstock)

Améliorer les impacts environnementaux et sociaux de l’entreprise, tel est l’objectif d’une stratégie de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Or, lors de la mise en place d’une telle stratégie, le sujet des mobilités peut rapidement émerger comme l’un de ses éléments incontournables, notamment lors de l’analyse du bilan carbone de l’entreprise.


EN BREF

  • La promotion des mobilités durables pour les trajets professionnels et domicile-travail a un impact direct sur le bilan carbone de l’entreprise.
  • Mais elle est aussi bénéfique pour la santé des collaborateurs et la marque employeur.
  • Elle est également un bon moyen pour rendre la démarche RSE palpable, car elle peut se déployer assez facilement avec l’aide de l’ensemble des salariés, consultés au préalable.
  • Inscrite dans une démarche RSE plus large, elle nécessite toutefois d’être bien ciblée avec l’identification des actions prioritaires et de l’ensemble des impacts.

Poids dans le bilan carbone

En 2023, le secteur des transports pesait ainsi pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) françaises. Une proportion en constante croissance depuis 1998, indique le ministère de la Transition écologique.

À l’échelle de l’entreprise, ce poids varie selon ses activités, sa taille, sa localisation. « La mobilité n’aura pas le même impact pour une grosse usine, un petit cabinet de conseil ou une boulangerie. Il faut à chaque fois auditer les pratiques », souligne Mathieu Maréchal, cofondateur de Fertilidée, qui accompagne les entreprises dans leur démarche RSE. Mais les trajets domicile-travail – qui représentent à eux seuls 13 % des émissions de GES des transports au niveau national – peuvent peser lourd dans le bilan carbone d’une structure.

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« J’ai eu l’exemple d’une entreprise informatique d’une cinquantaine de personnes où le sujet des déplacements en avion du PDG pour se rendre dans les différentes agences était remonté par certains salariés. À l’analyse, on s’est aperçu que, bien sûr, il pourrait être intéressant de se passer de ces vols, mais que le vrai sujet était celui des déplacements en voiture des collaborateurs pour se rendre au travail 200 jours par an », illustre Mathieu Maréchal.

Des impacts sur plusieurs piliers de la RSE

Promouvoir des mobilités plus durables pour les trajets professionnels et les déplacements domicile-travail de ses salariés a d’autres avantages que celui de réduire son bilan carbone. « Cela touche à plusieurs piliers que l’on retrouve dans les différentes normes et labels RSE, comme l’environnement, les relations et conditions de travail, le développement local », explique le spécialiste. Optimiser les trajets et décarboner les déplacements contribuent à diminuer la pollution de l’air et le bruit. Cela peut avoir un impact sur la congestion du trafic au niveau local.

Encourager le recours aux mobilités douces – marche, vélo, trottinette – souvent moins stressantes, peut aussi améliorer la qualité de vie au travail et même la santé des collaborateurs, à condition de sécuriser ces usages. Les bénéfices peuvent également être financiers. Opter pour des véhicules électriques moins polluants est aujourd’hui plus avantageux, notamment en matière fiscale.

Ces gains sont aussi indirects, notamment parce qu’inscrire la promotion de mobilités durables dans une démarche RSE sincère est une manière de développer sa marque employeur. « Cela peut avoir un effet non négligeable quand on cherche, par exemple, à recruter des ingénieurs qui sont souvent sensibles à ces sujets », illustre Mathieu Maréchal.

Rendre assez facilement la RSE concrète

Enfin, le sujet de la mobilité est aussi intéressant à investir dans le cadre d’une démarche RSE parce qu’il permet de rendre ses enjeux plus concrets. C’est une porte d’entrée pertinente pour y sensibiliser les salariés et un sujet sur lequel il est possible d’agir relativement facilement. « Alors que la RSE suppose souvent une longue période de réflexion stratégique pour aboutir à une feuille de route, il n’y a pas nécessairement besoin d’une stratégie pluriannuelle de long terme pour agir en faveur des mobilités durables », pointe Mathieu Maréchal.

Du forfait mobilité durable à la mise à disposition de vélos, différents outils peuvent être mis en place assez rapidement. Il importe toutefois de bien poser le diagnostic en analysant les usages au préalable et d’associer les collaborateurs à la réflexion. « La RSE, c’est aussi la prise en compte des attentes et contraintes de ses parties prenantes. Décider que tout le monde doit passer au vélo sans concertation, cela ne peut pas fonctionner », prévient le spécialiste.

Bien cibler les actions prioritaires

Le choix des actions à mener ne sera pas le même pour toutes les entreprises, et il importe de cibler en priorité celles qui peuvent avoir l’impact le plus significatif. « Si vous avez une flotte d’une centaine de voitures, ce n’est pas négligeable. La démarche RSE voudrait alors que l’on se pose la question de savoir à qui on achète, mais aussi ce qu’on achète. On peut par exemple se demander si on a vraiment besoin d’envoyer une image de puissance avec une grosse voiture ou si une image de sobriété et d’humilité avec une petite voiture électrique ne peut pas avoir du sens », pointe Mathieu Maréchal.

Le choix des véhicules est aussi un marqueur des valeurs de l’entreprise et, plus largement, les usages encouragés en termes de mobilité peuvent être un indicateur fort de ses engagements RSE.