Avec le dérèglement climatique, le nombre de jours de fortes chaleurs et de canicule augmentera. Les vagues de chaleur vont devenir 5 fois plus nombreuses d’ici à 2050 et plus intenses, notamment dans les grandes agglomérations et certaines régions.
EN BREF
- Les températures élevées ont un effet néfaste sur la santé et peuvent affecter la productivité.
- Adapter le rythme du travail s’avère parfois nécessaire.
- Il faut aussi veiller à diminuer la température des lieux de travail.
- Un portail numérique en cours de construction donne plusieurs pistes d’adaptation pour les PME.
Un risque pour la santé et la productivité
Or, les températures élevées ont des effets néfastes sur la santé. Elles provoquent fatigue, malaises, stress thermique, déshydratation, insolation, aggravent les maladies respiratoires et inflammatoires… Il y a un risque pour la santé au-delà de 30 °C pour une activité de bureau et au-delà de 28 °C pour un travail en extérieur, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
Si certains secteurs, comme la construction et l’industrie, sont particulièrement concernés, toute personne qui travaille dans une entreprise peut être affectée. Et en dégradant les conditions de travail, les fortes chaleurs pèsent sur la continuité d’activité et la productivité.
Adapter horaires, pauses et cadences
Face à ce risque, l’employeur peut mettre en place des mesures d’adaptation qui améliorent le confort d’été. Sensibilisation et prévention permettent tout d’abord d’informer les salariés des dangers pour leur santé et leur sécurité et des mesures mises en place.
Les actions d’adaptation sont de divers ordres. Elles concernent l’organisation du travail. Le télétravail peut être pertinent quand il est possible. Les horaires peuvent être adaptés : commencer tôt et éviter de travailler aux heures les plus chaudes se pratique de longue date dans des pays du sud. Pour le travail physique, les cadences peuvent être ralenties et les pauses allongées.
La protection des personnes doit être assurée. Elle passe par la mise à disposition d’eau fraîche potable, de serviettes humides, le port de vêtements légers ou rafraîchissants, l’adaptation des équipements de protection individuelle (EPI)…
Baisser la température des sites et bâtiments
L’adaptation aux fortes chaleurs concerne aussi les actifs physiques, sites et bâtiments de l’entreprise. Un audit thermique peut s’avérer utile. De nombreuses mesures améliorent le confort et rafraîchissent les bâtiments : ombrage, protections solaires, végétalisation, ventilation naturelle, isolation thermique… Attention à essayer d’éviter le tout climatisation, qui peut relever de la « maladaptation » car la climatisation classique consomme de l’énergie et produit de la chaleur. Des alternatives existent comme les climatiseurs adiabatiques, qui fonctionnent avec l’évaporation d’eau, ou le géocooling qui utilise les températures du sous-sol.
Un portail numérique dédié
Le portail numérique Plus frais au travail, en cours de construction et développé par l’Ademe avec l’INRS, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et le groupe Vyv, regroupe des pistes pour aider les employeurs à agir concrètement pour adapter leurs PME aux vagues de chaleurs. D’autant que depuis le 1er juillet 2025, un décret prévoit certaines obligations pour les employeurs en cas d’épisode de chaleur intense annoncé par Météo France. Ces obligations légales participent de l’adaptation à ce risque croissant.