La guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février 2026, et la hausse des prix des carburants ont remis le sujet de la mobilité sur le devant de la scène. Mais qu’il y ait ou non des tensions sur le pétrole, les déplacements font partie du quotidien et donc des préoccupations de très nombreux salariés et dirigeants.
EN BREF
- Face à l’évolution des attentes des salariés et des usages, toute entreprise doit réfléchir à la mobilité de ses salariés comme des dirigeants.
- D’autant que si ce sujet est important en matière de santé et de sécurité, il peut aussi être un atout en matière d’attractivité et de fidélisation.
- Au vu du poids des transports dans les émissions de GES et de particules fines, penser à sa mobilité répond aussi aux enjeux liés au dérèglement climatique et à la pollution de l’air.
- C’est d’ailleurs pour cela que la réglementation incite au changement et déploie quelques aides financières.
- Réfléchir à sa mobilité doit se faire comme tout projet avec une réflexion stratégique, une définition des objectifs et un point sur le financement.
- L’accompagnement de cette stratégie peut être un plus. N’hésitez pas à faire appel à des spécialistes comme votre expert-comptable !
Depuis plusieurs années, les pratiques en la matière évoluent. Selon une étude publiée par le Cerema fin 2025, le développement du télétravail se traduit par une baisse sensible des déplacements liés au travail. La marche et le vélo sont aussi de plus en plus utilisés. Dans les grands centres urbains, ces modes actifs représentent désormais 44 % des déplacements de moins de 10 km. Si la voiture est loin de disparaître, les mobilités se diversifient et les entreprises ont toutes les raisons de s’y intéresser, voire de contribuer à impulser ce changement.
Des obligations transformées en atouts
Susceptibles de générer du stress, les trajets domicile-travail et professionnels sont aussi porteurs d’enjeux logistique et de sécurité. Au-delà des obligations qui lui incombent sur le sujet, la manière dont l’entreprise oriente et accompagne la mobilité de ses collaborateurs peut être un levier de fidélisation, à travers la mise en place de certains avantages, comme le véhicule ou le vélo de fonction. Cela peut servir son image et sa marque employeur.
Réchauffement climatique et pollution atmosphérique
Réfléchir à ces déplacements est aussi incontournable pour lutter contre le réchauffement climatique. Les transports représentent plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France, et 13 % des émissions de ce secteur sont le fait des trajets domicile-travail. Ils ont également un impact majeur sur la qualité de l’air à travers l’émission de différents polluants. De quoi pousser les entreprises à s’attaquer à ce sujet dans le cadre de leur stratégie de responsabilité sociétale.
Incitation et soutien des pouvoirs publics
Celles qui ne le feraient pas spontanément y sont encouragées par les pouvoirs publics, et ce en dépit des atermoiements actuels concernant, par exemple, les zones à faibles émissions. Dès 2019, la loi d’orientation des mobilités a introduit des obligations de verdissement progressif des flottes automobiles et imposé la mobilité comme un sujet des négociations annuelles obligatoires.
La taxe annuelle incitative introduite en 2025 va dans le même sens en imposant une part croissante de véhicules à faibles émissions dans les parcs des entreprises. De manière générale, la fiscalité sur les véhicules d’entreprise accroît de plus en plus le coût de détention des modèles les plus polluants.
L’heure est donc à l’optimisation et la décarbonation des mobilités, par exemple à travers l’autopartage et le choix de véhicules peu polluants qu’ils soient de tourisme ou utilitaires, et à la diversification des moyens de déplacement, en favorisant par exemple recours au vélo ou au vélo-cargo.
Définir une stratégie, des outils, des financements
Cela ne peut se faire sans réflexion. L’analyse des usages dans l’entreprise est une première étape nécessaire pour celles qui souhaitent définir une stratégie en la matière, qu’un plan de mobilité employeur peut formaliser. Les outils RH et les modalités pratiques à privilégier – location ou achat de véhicule, mise à disposition de vélos, forfait mobilité durable – sont ensuite à déterminer. Cela pose la question du financement de cette transition et des aides disponibles, mais aussi des responsabilités associées : quelles infrastructures (bornes de recharge, parkings), quelles formations et quels équipements doivent être proposés pour assurer la sécurité des déplacements ? L’enjeu est également humain : passer à l’électrique ou adopter les mobilités douces ne peut se faire sans l’adhésion des salariés.
Ne pas hésiter à se faire accompagner
La stratégie adoptée par l’entreprise concernant la mobilité a également des impacts en termes de gestion, sur le plan fiscal, comptable s’agissant par exemple du traitement de l’amortissement, ou en matière d’assurances. C’est pourquoi l’accompagnement de spécialistes de la mobilité mais aussi de professionnels du chiffre capables d’éclairer les décisions des dirigeants et dirigeantes peut s’avérer précieux. Notre dossier thématique dédié s’appuie sur leur expertise pour faire le point sur les principaux enjeux.