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Acheter ou louer ses véhicules : quelles implications pour l’entreprise ?

Publié le jeudi 10 mars 2022 à 16h23
Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
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Acheter ou louer ses véhicules ? Mieux vaut bien évaluer les avantages et les inconvénients de ces deux options.

Entre l’achat de véhicules et leur location, le choix est propre à chaque dirigeant d’entreprise, en fonction de ses besoins et de ses préférences mais aussi parfois des tendances. « Il y a un phénomène de mode. En 2010, environ 90% des véhicules étaient acquis en direct avec ou sans crédit, en 2021 environ 60% des ventes de véhicules sont réalisées par location longue durée (LLD) ou location avec option d’achat (LOA)», constate Gérard Albrieux, président d’Inkipio, membre du groupement France Défi. Pour ne pas regretter son choix, l’important est de bien mesurer les implications de chacune de ces options pour l’entreprise.

Acheter ou louer ses véhicules : la liberté d’usage avec l’achat

Acheter, c’est devenir plein propriétaire du ou des véhicules et donc bénéficier de toute la latitude possible quant à leur gestion et leur usage. « On est maître de son parc automobile, on achète et on vend quand on veut. En un mot, on est libre », résume l’expert-comptable qui a lui-même une préférence pour cette solution. Que l’entreprise paie comptant ou souscrive un prêt pour cette acquisition, cela suppose en revanche un coût et peut susciter la crainte d’obérer ses capacités d’investissement.

Mais aujourd’hui, lorsqu’elle est en bonne santé financière, elle peut financer cet achat avec des taux d’intérêt assez faibles et obtenir des remises intéressantes dès lors qu’elle gère un petit parc de voitures 

Gérard Albrieux, président d’Inkipio

S’agissant de la revente du véhicule, il faut tenir compte du risque de dépréciation qui pèse sur son propriétaire. « Face à cela, on peut négocier avec le concessionnaire la mise en place d’une clause de buy-back par laquelle il s’engage, si le propriétaire le souhaite, à reprendre le véhicule à un prix déterminé à l’avance pour un kilométrage et un nombre d’années fixés dès la passation de la commande », conseille l’expert-comptable.

Acheter ses véhicules implique que l’entreprise assume la gestion de son parc et s’organise pour cela. « Elle peut très bien souscrire un contrat pour l’entretien de sa flotte avec de bons niveaux de services », remarque Gérard Albrieux. Pour celles qui disposent de flottes conséquentes, l’emploi d’un gestionnaire de parc s’avère pertinent selon le spécialiste : « les services rendus aux utilisateurs justifient son coût, qui peut être optimisé en cas de cession directe par son intermédiaire des véhicules sur le marché de l’occasion ».

Déléguer les contraintes de gestion dans la location

Eviter ces contraintes liées à la gestion d’une flotte est souvent ce qui motive les partisans de la location de véhicules, qui pour répondre à des besoins pérennes peut s’effectuer sous forme de LLD ou de LOA. Avec la location, l’entreprise n’a pas à se soucier de la revente du véhicule, sa reprise est assurée au terme du contrat. En outre, la LLD comprend souvent des services attractifs comme l’entretien du véhicule ou la mise à disposition d’un véhicule de remplacement en cas de panne. Le tout pour des tarifs attractifs car « les loyers sont limités par la prise en compte de la valeur de marché du véhicule au terme du contrat », explique Gérard Albrieux.

 

Les loueurs et crédits-bailleurs mettent aussi en avant le fait que contrairement à l’achat, la location ne dégrade pas le bilan de l’entreprise. « Mais pour celles qui établissent des comptes consolidés selon le référentiel IFRS, les contrats de LLD et de leasing doivent être retraités au niveau du bilan et du compte de résultat. Cet argument n’en est plus un », prévient l’expert-comptable.

Acheter ou louer ses véhicules : attention aux pénalités

Les contrats de location et de leasing sont plutôt rigides et peuvent réserver des mauvaises surprises. « Au moment de la restitution, le véhicule est expertisé et des travaux de remise en état neuf sont facturés à l’entreprise. De même si elle dépasse le kilométrage initialement prévu, l’addition peut très vite monter avec la facturation de l’indemnité kilométrique prévu par le contrat », met-il en garde. Mieux vaut donc bien évaluer ses besoins et lire les conditions générales des contrats.

En matière fiscale enfin, que le véhicule soit acheté, en location longue durée ou en crédit-bail, l’entreprise paiera la taxe sur les véhicules de sociétés (TVS). Les règles de réintégration des amortissements sont identiques et la TVA n’est pas récupérable. La fiscalité ne permet donc pas de trancher entre ces différentes options. Par contre, en cas de levée de l’option d’achat au terme d’un contrat de leasing, l’entreprise devra payer une deuxième fois les frais de carte grise. Il existe également des divergences entre la location et l’achat quant au calcul forfaitaire de l’avantage en nature pour les véhicules de tourisme utilisés par les salariés pour leur usage personnel.

Lorsque le besoin est ponctuel, la location de courte durée s’impose. « L’entreprise n’a pas à payer la TVS pour les locations de moins d’un mois ou 3O jours consécutifs, ni à souscrire de contrat d’assurance et les loyers sont intégralement déductibles », précise Gérard Albrieux. Par contre, la TVA n’est pas récupérable sauf pour les véhicules utilitaires et ce type de location est totalement inadapté pour des besoins de longue durée.