L’adaptation d’une PME aux risques climatiques est un processus très local, qui s’engage après avoir réalisé un diagnostic de ses vulnérabilités sur son site géographique. Si le site est soumis, par exemple, au risque de sécheresse et de retrait gonflement d’argile (RGA) qui fissure son bâti, ou au risque d’inondation, des mesures d’adaptation s’imposent.
Mais une entreprise ne s’adapte jamais seule. Elle le fait en relation avec ses voisines, sa filière et sa chaîne de valeur. Et, surtout, au sein d’un territoire.
Une approche des risques sur toute la chaîne de valeur
Les entreprises d’une même zone peuvent coopérer dans une démarche collective d’adaptation, à l’échelle d’une zone d’activité économique par exemple. Les plus petites peuvent mutualiser des ressources, les PME d’une même filière partager des solutions. Des guides sectoriels ont été publiés par certaines filières avec l’Ademe.
L’adaptation au changement climatique concerne toute la chaîne de valeur. Une PME peut être incitée à s’adapter par un grand groupe. Un donneur d’ordre peut vouloir vérifier qu’un fournisseur prévient le risque de ne pouvoir lui livrer sa production… Toute PME a intérêt à connaître les plans d’adaptation et même de crise de ses parties prenantes.
Le risque d’approvisionnement en énergie, lié à la finitude des ressources, aux situations économiques et aux tensions géopolitiques, peut concerner de très longues distances.
Un impératif qui concerne tous les acteurs d’un territoire
Une entreprise est soumise à des risques climatiques directs sur son site, mais aussi à des risques indirects (« en cascade ») qui concernent notamment la résilience des infrastructures et des réseaux alentour et à plus longue distance. Une route bloquée à 100 km par une tempête ou une rupture de l’approvisionnement en électricité liée à une défaillance des réseaux bloqueront son activité. S’adapter, c’est anticiper ses besoins en énergie (alimentation électrique de secours…), en eau (gestion des eaux pluviales…), évaluer le risque de dégradation des réseaux ou de pénurie… L’adaptation est un enjeu de territoire et de système.
S’informer des actions d’adaptation des acteurs publics
État et collectivités publiques ont une forte responsabilité dans l’adaptation des territoires, en relation avec le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) de mars 2025. Ils jouent un grand rôle dans la résilience de ces territoires concernant la gestion des routes, voies navigables, ponts, ports, réseaux d’approvisionnement en énergie et en eau… Or, l’adaptation concerne les déplacements des personnes et la chaîne logistique.
Il est utile de s’informer sur les mesures d’adaptation des acteurs publics et sur les plans de prévention des risques naturels ou inondation… Les autorités publiques prévoient aussi parfois des exercices de simulation de crise due à un aléa climatique.
Enfin, les collectivités locales portent aussi des actions d’adaptation qui concernent directement les entreprises, au niveau des COP régionales par exemple.