Entre 300 000 et 400 000 euros, c’est ce que l’escroquerie qu’elle a subie il y a un an a coûté à Izimat, une entreprise angevine spécialisée dans la vente de bâtiments modulaires. Elle aurait pu ne pas s’en remettre. Alors Yves Landrau, son dirigeant, a souhaité en témoigner sur Linkedin et dans la presse. « J’ai décidé de prendre la parole pour prévenir, sensibiliser et interpeller », écrit-il. « On prend des précautions sur les fraudes au président, sur la protection de nos datas, etc., mais il y a toujours une faille dans nos organisations », souligne le dirigeant en invitant ses pairs à la vigilance. En l’occurrence, parmi le large éventail d’arnaques qui peuvent cibler les entreprises, c’est à une fraude au faux client qu’Izimat a été confrontée.
Usurpation d’identité
Cette dernière repose sur l’usurpation par les escrocs de l’identité d’un client existant ou potentiel de l’entreprise afin de détourner des marchandises ou des fonds. Et pour rendre cela convaincant, ils peuvent aller très loin, en s’appuyant souvent sur des données volées. Ainsi, lorsqu’Izimat a été contactée par ceux qui se faisaient passer pour un client habituel souhaitant commander une soixantaine de bungalows, ses interlocuteurs utilisaient les noms et prénoms de personnes travaillant effectivement dans cette entreprise qu’ils savaient être déjà cliente.
Rien d’alarmant
Des mails et coups de téléphone sont échangés, les configurations souhaitées précisées et Izimat fait même vérifier l’accès au site de livraison prévu par un prestataire logistique. Le bon de commande est réceptionné, la commande enregistrée et la fabrication lancée. À ce stade, rien d’alarmant ne remonte des vérifications faites.
Lors de la livraison aussi, tout semble normal : une signalétique au nom du client est en place sur le site, et ses équipes coordonnent les opérations. Le pot aux roses n’est découvert que plusieurs semaines après. Izimat contacte le service comptable de son client pour s’assurer de son règlement, mais aucune facture n’est enregistrée à son nom. Et pour cause. En réalité, le client en question n’est pas à l’origine de cette commande de bungalows, que les escrocs ont eu le temps de faire disparaître du lieu de livraison et pour lesquels Izimat n’obtiendra aucun paiement.
Prétendue erreur de virement
Dans d’autres cas, les fraudeurs endossent l’identité d’un nouveau client pour demander un devis, qu’ils valident et pour lequel ils versent rapidement une somme très supérieure à celle attendue. Prétextant une erreur, ils demandent ensuite un remboursement. L’entreprise victime qui l’effectue se rend compte après coup que la somme initiale n’a en réalité pas été réellement créditée sur son compte.
Des réflexes à adopter pour limiter les risques
En amont, certains bons réflexes peuvent aider à se prémunir de ce type de fraude. Quelques recherches en ligne sur un prospect qui sollicite l’entreprise pour la première fois peuvent aider à identifier les arnaques les plus grossières. On peut aussi comparer les mails reçus lors de chaque commande significative aux précédents échanges avec le client, lorsqu’il fait déjà partie de ses partenaires.
Un contre-appel à son service achat peut également permettre de vérifier que l’on a bien affaire à l’entreprise supposée. Ce devrait être un réflexe dès lors que des changements de coordonnées (adresse de livraison ou coordonnées bancaires) sont signalés en dernière minute. Mais parfois, comme pour Izimat, les escrocs ont bien préparé leur arnaque et même un déplacement sur place n’éveille aucun soupçon.
Dès lors que la fraude est avérée, il convient de la signaler au client victime d’une usurpation d’identité. Il y a en effet de fortes chances que les escrocs s’attaquent à d’autres de ses fournisseurs. Il est également recommandé de porter plainte.