Le décret n°2026‑503 du 12 juin 2026 a apporté plusieurs modifications concernant les visites médicales de préreprise et de reprise qui s’appliquent aux arrêts de travail délivrés depuis le 15 juin 2026. Concernant la visite médicale de préreprise, l’employeur doit désormais en être informé par le service de prévention et de santé au travail (SPST), sauf si le salarié s’y oppose expressément.
Anticiper le retour du salarié dans de bonnes conditions
L’objectif de la visite médicale de préreprise est d’anticiper le retour du salarié, par exemple via un aménagement de poste ou du temps de travail, un reclassement ou une formation. Elle n’est pas obligatoire mais peut être demandée par le médecin du travail, le médecin traitant, un médecin-conseil des organismes de Sécurité sociale ou le salarié lui-même dans le cas d’un arrêt de plus de 30 jours.
Le décret lève par ailleurs l’obligation d’une visite médicale de reprise si deux conditions sont réunies : d’une part, une visite de préreprise ayant eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise effective du travail, et d’autre part si le médecin du travail a conclu, au cours de cette visite, « qu’aucune mesure individuelle d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste ni aucune mesure d’aménagement du temps de travail n’était nécessaire en vue de la reprise ».
Des préconisations possibles
Même si ces conditions de dispense sont réunies, l’employeur, le médecin du travail ou le salarié ont toujours le droit de demander la tenue d’une visite médicale de reprise. Celle-ci est organisée par l’employeur, qui doit la demander au médecin du travail du SPST.
L’objectif de la visite médicale de reprise est de vérifier l’aptitude du salarié au retour au travail et d’émettre d’éventuelles préconisations. Elle doit être effectuée par le médecin du travail le jour de la reprise ou dans les huit jours qui suivent. Elle est obligatoire après un congé maternité, une absence d’au moins 30 jours pour cause d’accident du travail, après une absence d’au moins 60 jours pour cause de maladie ou d’accident non professionnel et à la suite d’une absence pour maladie professionnelle.
Une autre possibilité : le rendez-vous de liaison
Pour faciliter le retour au travail d’un salarié après un arrêt long, il existe depuis 2021 le dispositif non médical : le rendez-vous de liaison. Il concerne les salariés en arrêt maladie depuis plus de 30 jours et peut être organisé à l’initiative de l’employeur ou du salarié, ce dernier pouvant le refuser.
Le rendez-vous de liaison vise à maintenir le lien avec l’entreprise pendant l’arrêt et à informer le salarié des dispositifs mobilisables pour anticiper son retour : actions de prévention de la désinsertion professionnelle, possibilité d’une visite de préreprise, mesures d’aménagement du poste ou du temps de travail. Bien organisé, ce temps d’échange permet d’écouter le salarié, de comprendre ses besoins et de faciliter son retour au travail.