En France, le nombre d’aidants non professionnels est estimé entre 8 et 11 millions de personnes, dont deux tiers sont des actifs. En raison du vieillissement de la population, de plus en plus de salariés se retrouveront en situation de devoir aider un proche dépendant, malade ou handicapé. D’ici à 2030, un salarié sur quatre pourrait ainsi être concerné. Un certain nombre de dispositifs existent d’ores et déjà pour aider ces actifs à concilier leur engagement et leur activité professionnelle, ainsi que le liste l’Observatoire solidaire dans son guide des salariés aidants.
Lancé en 2020, le congé de proche aidant permet à un salarié de s’occuper d’un proche handicapé, âgé ou en perte d’autonomie. Sa durée est de trois mois, sauf dispositions conventionnelles spécifiques, et peut être renouvelée pour atteindre un maximum d’un an sur l’ensemble de la carrière du salarié. Ce congé n’est pas rémunéré, mais le salarié peut percevoir l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), à hauteur de 66,64 euros par jour et 33,32 euros par demi-journée (montants au 1er janvier 2026)..
Une allocation étendue
Depuis le 1er janvier 2025, le plafond de l’AJPA (66 jours) peut être renouvelé pour chaque nouveau proche aidé. Sur l’ensemble de sa carrière, un salarié pourra ainsi percevoir jusqu’à 264 jours d’AJPA s’il aide quatre proches différents.
Le congé de solidarité familiale est un autre dispositif à destination des salariés aidants. Il peut être pris pour accompagner la fin de vie d’un proche : ascendant, descendant, frère, sœur ou une personne qui partage son domicile. D’une durée de trois mois, il se prend à temps plein ou à temps partiel et peut être renouvelé une fois. Ce congé n’est pas rémunéré, mais le salarié peut bénéficier de l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie (64,93 euros par jour pour un maximum de 21 jours).
De son côté, le congé de présence parentale s’adresse à un salarié qui a un enfant à charge atteint d’une maladie, d’un handicap ou est victime d’un accident grave. Ce congé est attribué pour un maximum de 310 jours ouvrés sur une période de trois ans. Il est possible de le renouveler une fois cette période écoulée. Comme pour les autres congés, le salarié ne perçoit pas son salaire mais peut bénéficier, sous conditions, de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).
La loi du 12 juin 2026 a renforcé les droits des parents d’enfants atteints d’une maladie grave ou d’un handicap. Le délai pour prévenir l’employeur de la prise d’un congé de présence parentale est réduit de 15 à 10 jours tandis que le congé d’annonce du handicap ou de la pathologie de l’enfant est allongé de 5 à 10 jours. Ce congé, rémunéré et non déduit des congés annuels, doit être pris pendant la période de l’annonce, mais pas nécessairement le jour même.
La protection contre le licenciement est étendue puisque le contrat de travail ne peut être rompu ni pendant le congé de présence parentale ni dans les dix semaines suivant son expiration (hors faute grave). Cette loi prévoit aussi des mesures financières, avec la possibilité de suspendre le remboursement d’un crédit, le déblocage anticipé des plans d’épargne retraite (d’entreprise ou individuel) ainsi que l’allongement du délai de réexamen du droit à l’AJPP (de 12 à 14 mois).
Des congés rémunérés possibles pour le salarié aidant
Il existe aussi deux autres dispositifs, impliquant des jours rémunérés, pour accompagner les salariés aidants. Grâce au congé payé de plus de 24 jours ouvrables consécutifs, un salarié qui héberge une personne en situation de handicap ou une personne âgée en perte d’autonomie peut dépasser la limite légale de congés payés consécutifs.
Quant au dispositif du don de jours de repos, il permet à un salarié aidant de recevoir de ses collègues un don anonyme et sans contrepartie de jours de repos s’il est parent d’un enfant gravement malade ou s’il vient en aide à un proche handicapé, âgé ou en perte d’autonomie.