Acheter ou louer ses véhicules : quelles implications pour l’entreprise ?

Acheter ou louer ses véhicules ? Mieux vaut bien évaluer les avantages et les inconvénients de ces deux options.

Par Marion Perrier, Accroche-press’ pour France Défi
Dernière mise à jour le lundi 23 février 2026.

Entre l’achat de véhicules et leur location, le choix est propre à chaque dirigeant d’entreprise, en fonction de ses besoins et de ses préférences. Selon les périodes, la tendance peut être plutôt à l’acquisition, en direct ou à crédit, ou la location, en longue durée (LLD) ou avec option d’achat (LOA). Pour ne pas regretter son choix, l’important est de bien mesurer les implications de chacune de ces options pour l’entreprise.

La liberté d’usage avec l’achat

Acheter, c’est devenir plein propriétaire du ou des véhicules et donc bénéficier de toute la latitude possible quant à leur gestion et leur usage, pouvoir acheter ou vendre quand on le souhaite. Que l’entreprise paie comptant ou souscrive un prêt pour cette acquisition, cela suppose en revanche un coût et peut susciter la crainte d’obérer ses capacités d’investissement. La décision dépend donc de la santé financière de l’entreprise et des taux et des conditions auxquels elle peut emprunter.

Prévoir un buy-pack pour la revente

S’agissant de la revente du véhicule, il faut tenir compte du risque de dépréciation qui pèse sur son propriétaire. Pour limiter ce risque, il est possible de négocier la mise en place d’une clause de buy-back avec son concessionnaire. Ce dernier s’engage alors à reprendre le véhicule si le propriétaire le souhaite, à un prix déterminé à l’avance, à une date donnée ou une fois un certain nombre de kilomètres dépassé.

Plusieurs options pour la gestion

Acheter ses véhicules implique que l’entreprise assume la gestion de son parc et s’organise pour cela. Elle peut notamment souscrire un contrat d’entretien et de maintenance de sa flotte auprès du constructeur. Pour celles qui disposent de flottes conséquentes, l’emploi d’un gestionnaire de parc, chargé à la fois de gérer le renouvellement des véhicules et d’optimiser les coûts tout en répondant aux exigences réglementaires – notamment de verdissement des flottes – peut s’avérer pertinent plutôt que d’externaliser ces missions.

Déléguer les contraintes de gestion dans la location

Éviter ces contraintes liées à la gestion d’une flotte est souvent ce qui motive les partisans de la location de véhicules, qui pour répondre à des besoins pérennes peut s’effectuer sous forme de LLD ou de LOA. Avec la location, l’entreprise n’a pas à se soucier de la revente du véhicule, sa reprise est assurée au terme du contrat. En outre, la LLD comprend souvent des services attractifs comme l’entretien du véhicule ou la mise à disposition d’un véhicule de remplacement en cas de panne. Le tout pour des tarifs attractifs, les loyers étant limités par la prise en compte de la valeur de marché du véhicule à la fin du contrat.

Des véhicules plus récents

Dans un contexte de changements réglementaires visant au verdissement des flottes, les loueurs et crédits-bailleurs pointent aussi la possibilité de pouvoir bénéficier d’un véhicule très récent et plus propre sans avoir à le financer tout de suite. Ils mettent parfois en avant le fait que, contrairement à l’achat, la location ne dégrade pas le bilan de l’entreprise. Un argument qui ne vaut pas pour les entreprises qui établissent des comptes consolidés selon le référentiel IFRS dans lequel les contrats de location longue durée et de leasing sont retraités au niveau du bilan et du compte de résultat.

Attention aux pénalités prévues dans les contrats de location

Les contrats de location et de leasing sont plutôt rigides et peuvent réserver des mauvaises surprises, voire des litiges, si l’entreprise n’a pas correctement évalué ses besoins au moment de leur souscription. Les contrats tout inclus permettent de connaître à l’avance le coût mensuel du véhicule pendant sa durée d’utilisation mais des coûts supplémentaires peuvent apparaître à la sortie. Des indemnités seront ainsi facturées si le kilométrage initialement prévu a été dépassé. De même, des travaux de remise à neuf sont généralement facturés au moment de la restitution, après expertise du véhicule. Des frais peuvent aussi être prévus en cas de rupture anticipée. Il importe donc de bien lire les conditions générales des contrats.

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Fiscalité : un choix aux moindres conséquences

En matière fiscale enfin, que le véhicule soit acheté, en location longue durée ou en crédit-bail, l’entreprise paiera la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et celle sur les émissions de polluants atmosphérique qui remplacent la taxe sur les véhicules de sociétés (TVS). Les véhicules, achetés comme loués, peuvent donner lieu à des amortissements plafonnés en fonction de leur niveau de pollution pour les voitures de tourisme (et en tenant compte de l’amortissement pratiqué par le bailleur dans le cas de la location. Ces plafonds ne s’appliquent pas en revanche pour les utilitaires.

La TVA n’est récupérable que sur les véhicules utilitaires, qu’ils soient achetés ou loués. La fiscalité ne permet donc pas de trancher entre ces différentes options. En revanche, en cas de levée de l’option d’achat au terme d’un contrat de leasing, l’entreprise devra payer une deuxième fois les frais de carte grise.

Il existe également des divergences entre la location et l’achat quant au calcul forfaitaire de l’avantage en nature pour les véhicules de tourisme utilisés par les salariés pour leur usage personnel, dont les modalités ont évolué en 2025. Mais l’avantage évalué pour un véhicule loué est plafonné au montant de l’avantage en nature qui aurait été évalué si l’employeur avait acheté le véhicule.

La location de courte durée pour les besoins ponctuels

Lorsque le besoin est ponctuel, la location de courte durée s’impose. L’entreprise n’a a pas à payer les taxes sur les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques ni à souscrire de contrat d’assurance et les loyers sont déductibles. Cependant, la TVA n’est pas récupérable sauf pour les véhicules utilitaires et ce type de location est totalement inadapté pour des besoins de longue durée.