Les risques climatiques se matérialisent déjà par des événements météorologiques extrêmes qui génèrent des dommages, comme l’a montré l’été 2026 avec son lot de canicules, sécheresses ou incendies perturbant la capacité à travailler, restreignant l’accès à l’eau ou au site de l’entreprise et mettant parfois à l’arrêt une PME.
Plus aucun territoire n’est épargné par ces aléas climatiques, comme l’indique l’étude du Réseau action climat intitulée La France face au changement climatique : toutes les régions impactées, qui détaille l’évolution à venir des risques par région.
Les entreprises déjà touchées, les plus petites en particulier
Les entreprises sont déjà touchées par des risques climatiques et le seront davantage avec l’évolution du dérèglement, comme le montre une étude de la direction générale des entreprises (DGE) de novembre 2025, qui propose une analyse territoriale et sectorielle. Plus de 300 sites Seveso seraient menacés par les feux de forêt à horizon 2050, contre une centaine aujourd’hui. Environ 1 400 locaux d’activité seraient concernés par le recul du trait de côte en 2050. Le chiffre atteindrait 53 000 en 2100.
Deux millions d’entreprises seraient, par ailleurs, fortement exposées à une augmentation du risque de tempête, dans la moitié nord de la France en particulier. De même, 1,5 million d’entreprises sont situées dans les zones les plus exposées aux débordements de cours d’eau ou par submersion marine, notamment en Île-de-France, dans la vallée du Rhône et le Nord. Plus de 5 millions de salariés seraient vulnérables aux fortes chaleurs par leur profession (construction, industrie…).
TPE et PME ont une vulnérabilité particulière, estime la DGE. Elles ont moins de réserves de fonds et une moindre couverture assurantielle. Après une inondation, par exemple, les dommages représentent 18 % de l’excédent brut d’exploitation d’une microentreprise, mais 2 % de celui d’une grande entreprise.
Les risques sont financiers mais aussi humains, opérationnels, assurantiels, voire de réputation. Et la non-adaptation a un coût. Au niveau macroéconomique, sans mesures d’adaptation, le changement climatique pourrait entraîner une baisse de 3,6 à 11 points de PIB à horizon 2050 selon les estimations. Pour le seul été 2026, la canicule coûtera, a minima, 0,1 point de PIB au pays d’après Bercy.
Une prise de conscience nécessaire
Les chefs d’entreprise estimaient récemment que l’adaptation au changement climatique n’était pas prioritaire. Selon une étude publiée par Bpifrance Le Lab fin 2024, 68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas cette adaptation comme un sujet majeur. Seules 12 % avaient défini une stratégie et des plans d’action en la matière, et 57 % pensaient que leur entreprise était faiblement exposée aux aléas climatiques. Pour sensibiliser les dirigeants, les outils de diagnostic des risques et vulnérabilités aident à comprendre l’intérêt de se lancer dans l’adaptation.
Le climat exceptionnel de l’été 2026, qui préfigure ce qui pourrait rapidement devenir la norme, devrait conduire à une prise de conscience de l’impérieuse nécessité d’atténuer les émissions de GES et de s’adapter au changement climatique.