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Les associations à l’ère du numérique

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Site internet, réseaux sociaux, outils collaboratifs, applications mobiles, les outils et usages numériques ne cessent de croître. Une évolution à laquelle les associations n’échappent pas. Des opportunités sont à saisir à condition de bien considérer les outils comme étant au service d’une stratégie pour la mise en œuvre du projet associatif.

Des évolutions importantes en peu de temps

En trois ans, de 2013 à 2016, les usages numériques au sein des associations se sont fortement développés¹. Les trois quarts des associations ont désormais un site internet, les deux tiers d’entre elles ont une comptabilité informatisée et presque autant sont présentes sur les réseaux sociaux (+ 26 points en 3 ans). De même, l’utilisation des outils collaboratifs a bondi sur cette période, passant de 22 % à 43 % d’associations utilisatrices. On note que la taille de la structure influe sur la place du numérique au sein de celle-ci : plus l’association a un budget important, plus le nombre de bénévoles ou de salariés est élevé, plus les usages numériques sont nombreux.

Des effets positifs

Les dirigeants associatifs sont convaincus de l’intérêt des usages numériques et perçoivent des effets positifs pour leur structure qui ne se limitent pas aux seuls aspects de visibilité et de notoriété de l’association. D’une grande diversité, ces nouveaux outils facilitent aussi le partage de l’information. Ce qui renforce la cohésion d’équipe, l’efficacité, le suivi et l’évaluation des actions. Cela ouvre également aux bénévoles de nouveaux moyens de s’impliquer dans la vie associative. On peut désormais participer activement à des instances de gouvernance ou échanger avec d’autres membres alors qu’on est physiquement loin du siège. On peut aussi prendre part au quotidien de l’association depuis chez soi : tenir la comptabilité, animer la page Facebook, remplir un dossier de subvention… Cette forme d’implication touche de nouveaux bénévoles et semble appelée à se développer. Les outils collaboratifs, dont l’usage a doublé en trois ans, sont particulièrement adaptés aux spécificités du fonctionnement associatif qui réunit des acteurs aux fonctions, aux natures et aux temporalités différentes. Facilitant la communication et l’échange de documents, ils permettent une organisation très participative tout en étant légère et rapide.

Des pratiques encouragées

La demande croissante des financeurs, qu’ils soient publics ou privés, de mettre en place des outils de suivi pour établir le bilan des actions soutenues participe au développement des usages numériques au sein des associations. De même pour les démarches administratives (déclarations, demande de subvention, etc.) qui se font de plus en plus fréquemment en ligne, ces nouvelles pratiques sont encouragées. En outre, les jeunes de moins de 35 ans, pour qui les usages numériques sont aisés, sont toujours plus nombreux au sein des associations (21 % de cette population était bénévole dans une association en 2016 contre 16 % en 2010). Face à cette tendance, on trouve sur le marché des outils spécialement conçus et développés pour les besoins des associations et plus faciles d’utilisation que les versions dédiées aux entreprises (par exemple en matière de comptabilité et de gestion).

Des clés pour  réussir  sa  transformation

Il n’existe pas de solution numérique idéale qui correspondrait à toutes les associations. Il convient  donc de s’interroger sur ce qui convient à chacune et ne pas tomber dans le piège de mettre en place un outil don- né « parce que tout le monde le fait ». Il est fréquent que des structures investissent temps, argent et énergie à installer  un  outil  dont  elles  n’ont  pas  l’utilité.  Il faut donc réfléchir aux usages et services qu’on voudrait voir rendre par de tels outils, que ce soit pour améliorer l’existant ou offrir de nouvelles possibilités. Les outils, fussent-ils numériques, sont au service de la stratégie visant à mettre en œuvre le projet associatif. Certains outils sont à l’heure actuelle relativement peu utilisés au regard de l’intérêt qu’y portent les associations. Par exemple, des outils diffusant la formation ou encore les modules permettant de récolter des dons pour- raient se développer fortement ces prochaines années.

Des freins et des appuis

Le manque de temps nécessaire pour se familiariser à l’utilisation de nouveaux outils fait partie des freins évoqués par les associations. En effet, définir ses besoins et objectifs, choisir les outils adaptés pour y répondre, identifier les impacts, se former à leur utilisation requiert de la disponibilité. De même, certaines font part de la difficulté à avoir au sein de leur équipe le savoir-faire technique nécessaire pour suivre les évolutions permanentes et rapides de ces outils. Enfin, la difficulté d’adaptation au changement tant sur un plan individuel que collectif est reconnue. C’est pourquoi il peut être pertinent de se faire accompagner pour lancer et réussir sa transformation digitale… Outre la maîtrise technique, une transformation digitale réussie passe par le développement d’une culture partagée par le maximum de membres. De nombreux médiateurs sont présents partout en France pour aider chacun à devenir autonome sur ce sujet. On recense 10 000 structures de la médiation numérique. Elles sont elles-mêmes portées par des associations, des collectivités ou des entreprises. Un certain nombre d’entre elles se structurent en réseau pour créer une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), MedNum, dont l’objet est de renforcer les acteurs et le développement du numérique au service du pouvoir d’agir.

Des défis

Les transformations apportées par les usages numériques et les nouveaux fonctionnements associatifs rendus possibles impliquent des évolutions tant de compétences que des rôles de chacun au sein de la structure. Ainsi, pour certains ², le responsable associatif est appel à devenir un leader de communauté. Et pour bien animer une communauté, appliquer la règle des 3D : démultiplier, pour impliquer plus largement que le premier cercle de bénévoles ; désynchroniser, pour permettre à chacun de s’investir au moment qui lui est le plus opportun ; déléguer, pour donner l’occasion aux bénévoles de trouver du sens à leur action. Ce type de fonctionnement repose sur l’élaboration d’une stratégie commune, porteuse de sens et une autonomie pour que l’action de chacun ait sa place.

En savoir plus :

1. « La place du numérique dans le projet associatif en 2016 », étude Recherches & Solidarités et Solidatech.

2. Rencontre-débat Fond’Après du 5 décembre 2017.