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Plan de trésorerie: comment l’optimiser ?

Optimiser son plan de trésorerie

Étudier le financement de ses investissements, jouer sur les délais d’encaissement, faire appel à un organisme tiers… Certaines règles de bon sens permettent au chef d’entreprise de sécuriser la gestion de son entreprise. Voici les pistes principales d’action pour optimiser sa trésorerie.

  1. Bien financer ses investissements

Quel est le coût des investissements à réaliser ? Et comment les financer ? Ces questions évidentes doivent dégager une stratégie claire. « Globalement, il y a un principe simple à respecter : faire coïncider la durée du financement avec la nature du bien financé », assure ainsi Christian Baudouin, expert-comptable et commissaire aux comptes au cabinet Michel Creuzot à Gien (Loiret), membre de France Défi. Autrement dit, pour un bien consommable immédiatement, il est préférable de prévoir un paiement comptant. La souscription à un prêt, ou le recours à un crédit-bail, seront en revanche plus pertinents pour l’achat d’une photocopieuse, dont l’utilisation va s’étaler sur trois ou quatre ans. « D’autant plus que l’argent ne coûte pas très cher avec les taux d’intérêts actuels qui sont très bas », rappelle l’expert-comptable.

  1. Accélérer les encaissements pour optimiser sa trésorerie

En cas de forte activité, l’entrepreneur peut faire jouer les délais de paiement. Avancer la date de facturation à ses clients, par exemple, peut lui permettre d’être payé plus tôt. En passant d’une facturation mensuelle à une facturation bimensuelle, le rythme des encaissements est accéléré. Selon les estimations de France Défi, une entreprise qui réalise 1 million d’euros de chiffre d’affaires peut en effet améliorer sa trésorerie d’environ 30 000 € en gagnant dix jours sur la date du règlement.

Autre possibilité, pour réduire les délais d’encaissement : charger une personne au sein de l’entreprise de s’assurer en amont du paiement des commandes et de relancer les retardataires. Cette tâche n’est pas toujours évidente à réaliser pour le dirigeant ou son représentant, qui ne souhaite pas entacher sa relation commerciale avec ses partenaires. C’est pourquoi il est le plus souvent indispensable de la déléguer. Mettre en place une procédure de suivi des comptes clients et désigner une personne chargée de contacter le client en cas de retard ou d’anomalie permettra de fluidifier les encaissements. En cas d’absence de suivi, les clients ont en effet une tendance naturelle à allonger leurs délais de règlement.

D’autres techniques financières permettent d’encaisser immédiatement des créances clients. L’entreprise peut avoir recours à l’affacturage, qui permet de remettre tout ou partie des créances clients à un tiers. C’est l’organisme financier avec lequel un contrat à été signé (l’affactureur) qui assure le paiement immédiat au chef d’entreprise moyennant une commission (taux moyen de 1 à 2 %). L’escompte de traite permet également de demander à la banque une avance de trésorerie correspondant au montant de la traite. La cession Dailly donne aussi la possibilité à l’entrepreneur de céder ses créances professionnelles à un établissement de crédit. Pour Christian Baudouin, « toutes ces solutions sont à utiliser avec parcimonie car elles sont onéreuses ».

  1. Ralentir les décaissements

L’autre versant sur lequel l’entreprise peut agir est le rythme des décaissements. Dans la plupart des structures, les sorties d’argent précèdent les encaissements, et l’écart peut se creuser en phase de croissance rapide. Dans ces conditions, même une entreprise performante peut se retrouver en cessation de paiement.

Pour le dirigeant, l’objectif est de réduire au maximum le délai d’attente, entre le moment où les coûts sont engagés et celui où le produit de la vente est encaissé.

Comment cela ? En favorisant, d’abord, une meilleure gestion des stocks. En les réduisant, la société pourra retarder le rachat de nouveaux produits, le temps d’encaisser d’autres commandes. Tout comme elle tentera de réduire les délais de paiement de ses clients, l’entreprise peut également tenter de négocier elle-même des délais de règlement plus longs auprès de ses fournisseurs. Elle ne doit pas hésiter à faire jouer la concurrence, pour éviter d’avoir une source unique d’approvisionnement.

BON À SAVOIR

La loi de modernisation de l’économie dite « LME » de 2008 encadre précisément les délais de paiement, qui ne doivent pas dépasser 45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d’émission de la facture. Mais ce texte est encore loin d’être appliqué. « Les PME ont plus de mal que les grandes entreprises à faire respecter ces délais », constate Christian Baudouin. En théorie, ces retards sont sanctionnés par des amendes administratives, dont le montant maximal est de 75 000 € pour une personne physique et de 375 000 € pour une personne morale. Et, en cas de nouveau manquement dans un délai de deux ans, le montant de l’amende peut être doublé.