Menu

Une rencontre, un magazine sur le cancer

couverture du Magazine Rose

L’association Rose, qui a créé le magazine du même nom il y a quatre ans, est à l’initiative d’une pétition en faveur du droit à l’oubli bancaire après une maladie, actuellement en débat au Parlement. C’est le partenariat et une longue amitié entre trois femmes, Nathalie Malicet, expert-comptable et commissaire aux comptes à Bordeaux, membre du groupement France Défi, et les deux fondatrices du journal, Céline Dupré et Céline Lis-Raoux, qui ont permis à ces actions de voir le jour.

La rencontre d’une journaliste et d’une communicante

La journaliste Céline Lis-Raoux a l’idée de fonder l’association Rose après avoir survécu à un cancer du sein il y a plusieurs années. Elle se rend compte à cette occasion qu’il existe de nombreuses informations médicales sur le sujet, mais très peu sur tout ce qui entoure la maladie. Sa rencontre avec Céline Dupré, une professionnelle en communication de la santé déjà impliquée sur ces thématiques, est déterminante et entraîne la naissance du magazine Rose, un semestriel tiré à 200 000 exemplaires. « Nous voulions créer un support très féminin et glamour sur papier glacé et gratuit. Le challenge était entier », se souvient Céline Dupré. La directrice associée de l’agence COMM santé décide alors de solliciter l’aide de son amie de longue date et expert-comptable, Nathalie Malicet. « Il nous fallait quelqu’un qui sache prendre des risques, de confiance et compétent pour nous aider à créer ce modèle économique et nous orienter dans le monde associatif où le moindre faux pas peut être fatal. »

Le soutien d’une expert-comptable

Nathalie Malicet est une femme aux multiples casquettes qui n’hésite pas relever les défis. Alors qu’elle est étudiante à l’école de commerce de Bordeaux (Kedge Business School), elle mène parallèlement un cursus en candidat libre pour se former au métier d’expert-comptable. Après ses trois années de stage professionnel dans un cabinet, elle se lance dans la création d’entreprise. Avec un de ses collègues, elle monte en 2000 son propre cabinet d’expertise-comptable, Anexis, à Bordeaux. À la fois commissaire aux comptes et engagée dans les institutions de sa profession — elle est depuis 2015 vice-présidente de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) —, la quadragénaire accepte d’emblée le challenge proposé par les deux associées. « Quand Céline est venue me voir avec son projet un peu fou, lancer un magazine de presse par les temps qui courent ce n’est pas une mince affaire, j’ai immédiatement dit oui. C’était un projet humain qui me touchait beaucoup. » Construction du business plan, écriture du projet pour les banques… Nathalie les accompagne dans toutes leurs démarches financières et juridiques. « Il a fallu monter une association et prouver qu’elle était d’intérêt publique », se rappelle Céline Dupré.

Un magazine actif et des actions concrètes

Finalement, le premier numéro du magazine Rose paraît en octobre 2011. Se pose alors la question de la pérennisation de l’association et du journal. Une évidence pour Nathalie. « La création d’une entreprise, c’est comme un enfant à qui vous apprenez à marcher pour qu’il puisse ensuite se débrouiller seul. J’ai donc continué à les aider. » Signe que leur association fonctionne, le travail de Nathalie qui n’était pas rémunéré au début l’est aujourd’hui. « Le rôle d’un expert-comptable n’est pas limité à la gestion des comptes, il est avant tout dans le conseil, l’écoute et l’accompagnement de ses clients. » Son engagement ne s’arrête toutefois pas là. Très vite, la professionnelle mobilise son réseau pour faire circuler la pétition lancée en octobre 2014 par les deux fondatrices du magazine, et visant à inscrire le droit à l’oubli dans la loi de santé débattue au Parlement en 2015. En avril dernier, les députés ont voté des amendements au projet de loi allant en ce sens. L’examen du texte au Sénat est prévu en septembre. « Il nous faut une audition nationale, une démultiplication des forces de frappe. En faisant appel à mon réseau professionnel, ce ne sont pas seulement des femmes qui peuvent signer cette pétition, mais également des chefs d’entreprise », ajoute Nathalie Malicet, plus convaincue que jamais par la cause qu’elle défend.